La croix de Marie

Question à Marie : Est-ce que de ton vivant, quand on t’a arraché ton fils pour l’amener sur la potence, tu as cessé de souffrir ?

Cécile

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Je n’ai pas cessé de souffrir à ce moment, et aujourd’hui encore, lorsque vous faites le signe de croix, lorsque vous recréez cette situation, lorsque la religion la remet sur le devant de la scène, c’est-à-dire sans fin, cela me ramène à mon enfant sur cette croix, et sur la terrible douleur, sur l’innocence, la beauté d’âme, la vertu, la magie, la pureté, l’amour entier, massacrés, écharpés, sur le bon droit écrasé au talon, sur mon âme qui saigne véritablement. Je n’ai jamais cessé, pourtant, de vous aimer. C’est aussi pour cela que je reviens aujourd’hui, pour vous demander de cesser les rites. Chaque souffrance, cependant, peut être digérée par le néant, même s’il en vient de nouvelles. Les horreurs du passé on existé, elles ne peuvent s’effacer complètement, pense cependant à cette chanson de Jacques Brel, qui dit « on n’oublie rien, de rien, on s’habitue, c’est tout ».

Heureusement, au ciel, il existe des havres d’amour et de paix où toutes les souffrances s’effacent tout à fait.

Marie

Table des messanges