La croix et la bannière

J’insiste, nous ne voulons plus de la croix, nous n’en voudrons jamais, et nous n’en avons jamais voulu ! Est-ce que Jésus, il y a plus de 2000 ans,
a dit «Dressez des croix en mémoire de moi»?

Non, bien sûr, alors qui a rendu la croix sacrée, et pourquoi faire ? Qui a voulu glorifier la souffrance, l’ériger en exemple ? Ceux qui voudraient vous voir souffrir.

Et ceux qui veulent vous voir souffrir, ce n’est pas Dieu !

Jamais.

La croix, symbole de quoi ? De la peine, de la torture, de la mort de l’Amour, et vous voudriez en faire l’emblème de la religion ? Mais ouste, dehors, cette religion-là ! Et qu’on l’oublie, c’est tout ce qu’elle mérite !

S’il faut se repaître de la souffrance des saints, pour mieux se hausser du col en société en disant, « Moi, j’expie, je prie, et j’ai mal mieux que les autres », alors, allez au bout de l’idée : tenez, par exemple, ne représentez Jehanne D’arc que sur son bûcher !

Vous imaginez ça, dans les églises, sur les vitraux, en statues en ville et sur les places de grandes villes, remplacer Jehanne d’Arc victorieuse, en armure, se battant contre l’envahisseur, par Jehanne d’Arc se tordant de douleur dans les flammes ? Oui ? Très bien, ajoutez donc le son, avec les cris atroces de la malheureuse, tant que vous y êtes ! Et inscrivez « Je souffre pour la France » sur sa bannière !

Et si vous n’imaginez pas ça, si le ridicule et l’infamie d’une telle chose finissent par vous sauter aux yeux, pourquoi continuer à croire possible, sensé, ou même simplement adéquat de représenter mon Fils sur cette satanée croix ?

Marie

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L’ombre de la croix

Vous qui croyez qu’on reconnaîtra l’antéchrist au fait qu’il reniera la croix, vous qui pensez qu’il faut la tracer sur sa poitrine pour être bien en cour avec le ciel, je vous ai déjà dit, ici, que la croix est un si mauvais souvenir que chaque fois que vous l’évoquez, vous nous dirigez vers ce qui fut une abomination, et vous élevez cette abomination au rang de symbole à répéter, à ressasser. Et cela nous détourne de vous.

Vous qui ne croyez pas encore que la croix est à bannir, malgré l’évidence, je vous offre une chance de réfléchir un peu. Imaginez que Jésus revienne sur terre et qu’au terme de cette nouvelle venue parmi vous, il soit porté en terre dans un cimetière où vous pourrez aller lui faire, comme dit si bien Brassens, d’« affectueuses révérences ». Croyez-vous que vous n’hésiterez pas, au moment de poser une croix sur lui encore une fois ? Croyez-vous qu’il ne se trouvera personne d’assez sensé pour se dire qu’une croix, c’était bien trop déjà, et que le symbole, 2000 ans plus tard, serait vraiment trop lourd, et même, serait une insulte ?

Si vous êtes capable d’avoir ce bon sens-là aujourd’hui, de vous dire que cette croix ferait tache dans le paysage, pourquoi ne pas vous dire que la croix fait tache dès maintenant, dans n’importe quel paysage, et que Jésus soit revenu ou non ?

Non, l’antéchrist a planté et créé la croix. C’est lui qui a plaisir à la remettre en avant à tout bout de champ.

Vous pensez que vous reconnaîtrez le diable au premier coup d’œil. Et vous n’aviez pourtant pas pensé à cela…

Vous pensiez que vous reconnaîtriez Jésus de la même façon. A quoi ? A sa barbe ? A sa toge ? A ses sandales ? A sa gloire ? Mais, mes amours, décrivez-moi donc la gloire de Jésus, que je vois, comme dit louis de Funès dans La folie des grandeurs, si je vous crois, ou si je ne vous crois pas !

Marie

Table des messanges