La colère

La colère est l’expression de la faiblesse.

Marie

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Lorsque nous nous laissons dépasser, submerger par la colère, c’est parce que nous perdons le contrôle, c’est parce que nous ne maîtrisons plus les choses, et nous avons peur. C’est comme un dernier recours pour se faire entendre, mais un recours désespéré, puisque nous faisons appel à la force pour imposer un point de vue, quand nous n’arrivons pas à nous faire comprendre avec des mots simples.

Cela ne veut pas dire qu’il faut laisser faire les mauvaises choses sans réagir, mais il faut réagir à bon escient, c’est-à-dire, même si nous sommes indignés, réussir le coup de force de rester maître de soi. Là seulement, nous reprendrons l’ascendant sur la situation, en montrant que nous sommes capables de garder notre empire sur nous-mêmes. Dans ce cas, nous avons beaucoup plus facilement le dessus, en fin de compte, qu’en nous énervant, car nous n’offrons pas de prise à l’adversaire.

La colère est une folie passagère, elle nous fait perdre le droit fil de nos pensées, et ces déviations ont toujours des conséquences, parfois très graves.

Luc

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Se laisser aller à dire n’importe quoi sous la colère n’est pas un défouloir qui fait du bien, comme on pratiquerait un sport, c’est une déchéance momentanée de soi, une descente de l’âme, et remonter vers la lumière est alors une chose qui demande beaucoup d’efforts et de temps.

Laissez monter la colère, et vous laisserez monter la douleur.

Marie

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Il y a cependant une colère digne. Celle qui est justifiée, argumentée, clairement exposée, et qui ne se départit pas de l'Amour. On peut être en colère contre quelqu'un parce qu'on l'aime. Et ne pas accepter qu'il galvaude cet amour. Alors, dans ce cas, si l'on ne perd pas le fil de la logique, si on ne perd pas le fil de l'estime de soi et d'autrui, si les ondes de refus ne sont pas des ondes de folie, et surtout si la colère donne une chance à la situation conflictuelle de se résoudre dans le sens d'une ré-union, la colère est la bienvenue, parce qu'elle nettoie le lac intime, après avoir remué le limon. Mais il ne faut pas confondre cela avec les caprices, le fait de n'entendre que les vagues de colère et non pas aussi les flux positifs. Une colère parce qu'on n'a pas le même nombre de frites dans son assiette que son voisin, non. Car il y a toujours quelque chose que vous avez en plus que votre voisin, même s'il est immensément riche, et vous pauvre. Un riche comblé n'existe pas. Car avoir la richesse matérielle, c'est être à la mauvaise école, celle qui vous pousse à n'être jamais satisfait, et donc, jamais heureux. On peut toujours avoir plus. Mais lorsqu'on sait que la richesse est intérieure, et qu'on l'applique, alors, on ne peut qu'être à la bonne école, celle qui conduit à être satisfait, en harmonie avec soi et autrui. Très loin de la colère, donc.

Mais, une colère parce que le voisin n'écoute pas l'amour en lui ni en vous, oui.

Marie

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