La bonne foi

Dialogue entre Luc et Marie

— Qu’est-ce que Dieu ?

— Dieu, c’est l’amour. C’est l’ensemble de l’amour.

— Qu’est-ce que l’amour ?

— C’est l’irrésistible envie d’être avec l’autre. Dieu, vu au microscope, c’est la part de vous qui a irrésistiblement envie d’aller vers l’autre, et c’est la part de l’autre qui a irrésistiblement envie d’aller vers vous. Tout ce qui n’est pas cela n’est pas l’amour, tout ce qui n’est pas cela n’est pas Dieu.

Faites une peau de chagrin de ce qui n’est pas Dieu en vous, magnifiez la part d’amour, et vous n’aurez plus besoin d’implorer Dieu, il vous suffira d’aller le chercher en vous, car il ne sera plus sur un piédestal inaccessible.

Cajolez-vous, câlinez-vous vous-même, quand les choses vont mal. Ayez des petites et des grandes attentions pour vous-même, vous aurez fait un acte d’amour, et vous puiserez ainsi en vous la force d’aller vers les autres, de leur apporter ce qui leur manque, et de prendre ce qui vous manque. Vous aurez recréé l’irrésistible envie d’aller vers les autres, quels qu’en soient les dangers, et vous aurez élevé votre esprit, que l’on vous suive ou non. C’est cela que vous aimerez voir quand vous referez le tour de votre vie.

Si vous dites « Mon Dieu », vous pourriez, d’une façon plus appropriée, dire « Mon amour », dans le sens où il est autant le vôtre que tourné vers les autres, « ouvert » le ciel.

Soyez plein d’amour, vous serez plein de Dieu.

Marie

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La foi

Avoir la foi est une expression taraudée et galvaudée par la religion. Je ne vous propose donc pas d’avoir la foi. Je suis comblée lorsque je vois que vous faites sereinement et durablement preuve de bonne foi, dans le sens littéral de l’expression, envers vous-même et envers les autres. C’est un exercice difficile, qui apporte des fruits délicieux, que je mange joyeusement avec vous, sans que vous le sachiez toujours, et sans risque d’attraper une crise de foi.

Nul n’est trop impur pour ne pas avoir accès à cette bonne foi.

Croire est une chose, mais le doute subsiste toujours, et il est bien naturel. La foi aveugle crée des moutons suiveurs. Si nous souhaitons éveiller en vous le côté doux de l’agneau, nous ne souhaitons pas vous voir, en moutons, suivre des préceptes établis sans réfléchir. Votre foi n’est donc belle et lumineuse que si vous croyez d’abord à la part de Dieu qui est en vous, si vous la découvrez, la faites fructifier, et si vous partagez ses fruits avec ceux qui en aiment le goût, et seulement avec ceux-là. Entre la foi et la bonne foi, existe la même différence que celle que vous trouvez entre une tomate de supermarché et une tomate de votre jardin. Un conseil : attendez que la tomate de votre jardin soit mûre pour la déguster. Il faut du temps, il faut comprendre, et il ne faut surtout pas préférer à ce soleil-là un quelconque « mûrisseur » artificiel, quels que soient sa marque et son prestige bassement terriens. La bonne foi, par simple logique, permet de pouvoir se faire confiance, donc de croire en soi, puis par prolongement, de croire en les autres, et comme Dieu est en chacun de nous, il n’y a ensuite plus qu’un tout petit pas à faire pour croire en Dieu, et même mieux, pour le connaître.

Préférez « connaître » à « croire ». Si vous dites « je connais Dieu parce qu’il est ce qui est bon en moi », vous aurez fait le plus gros du chemin.

Marie

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Le mille-feuille

La foi est comme un mille-feuille. On soulève la première feuille, la seconde, la troisième, et ainsi de suite, jusqu’à s’apercevoir, peut-être trop tard qu’après la millième, il y en a encore une infinité d’autres. C’est là qu’on se rend compte qu’on a perdu beaucoup de temps et que, tout simplement il suffit de bouffer le mille-feuille, car le mille-feuille, c’est toute la foi. Une fois qu’on l’a mangé, alors on l’a en soi et il y reste, car l’âme ne rejette rien qui vient du ciel.

Marie

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PS : Marie m'avait tout d'abord dit « il suffit de bouffer le mille-feuille », mais j'avais écrit « manger », parce que je me disais que vous alliez penser, en lisant, que Marie ne pouvait pas avoir dit ça. Mais Marie est revenue me voir, et me dit « J'ai dit bouffer, pas manger ».

Je lui ai expliqué que je trouvais cela un peu gros, elle m'a répondu, avec un sourire, « Ah bon, tu censures Marie maintenant ? »

Ensuite, elle m'a expliqué que bouffer, c'était pour montrer que la foi donne très faim, faim d'en manger, encore, et de s'en remplir, et que donc, il fallait insister sur le mot. Parce que la foi, il faut la manger en entier !!!

Je suis bien content d'avoir rectifié, et présente mes excuses à Marie pour m'être permis d'arranger son propos. Je dois transmettre tel quel, et c'est tout.

Luc

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La foi absolue

La foi absolue, c'est ne plus douter. Ni de vous, ni de mon fils, ni de nous.

La foi absolue, c'est savoir l'amour en vous, et tout ce qu'il peut faire, et l'expérimenter, et le partager et le transmettre.

La foi absolue, c'est marcher sur les eaux sans se demander pourquoi, ni comment, tellement vous y seriez habitués.

La foi absolue, c'est avoir la force de monter tout l'escalier et de rencontrer le Père de votre vivant.

La foi absolue c'est ne plus avoir peur.

Mais cela ne s'acquiert pas en un jour, mes amours !

Le défi vous plaît-il ?

Marie

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Accepter la récompense

Les gens ne savent pas donner, parce qu’ils ne savent pas recevoir. Ils confondent le concept de recevoir avec le dû, avec l’assistanat. Avec la dépendance aussi. Alors qu’il n’y a rien de tout cela dans l’acte véritable de recevoir.

On dit que quand on donne, il ne faut jamais rien attendre en retour. On le dit comme on s’humilie mal devant la croix, en glorifiant la souffrance de ne pas recevoir. Dire cela, c’est en effet une condamnation à ne pas réellement recevoir.

Savoir que c’est une loi du ciel, du Père, de ce qui EST, que lorsqu’on donne, on reçoit (d’ailleurs rarement de ceux à qui l’on donne, mais de la part d’autres personnes qui ont su faire circuler la dynamique de la joie et du don), c’est aussi cela, être dans la foi.

Alors, oui, il faut donner sans penser à la récompense. Et savoir ensuite la recevoir, l’accepter et la vivre quand, légitimement, elle vient. Sinon, vous étouffez le cercle de la joie, vous éteignez sa dynamique. Et vous donnez moins.

Marie

Table des messanges