Judas innoncenté-6 novembre 2008

Une question de Philippe :

Suite aux réponses de Jésus sur son enfance, j’aimerais lui demander les précisions suivantes : Judas s’est-il incarné à cette époque pour aider à accomplir la prophétie ? Dans ce cas, sa culpabilité serait moindre…

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Judas s’est effectivement incarné pour accomplir la prophétie, et comme cela a déjà été dit ici, il n’est coupable de rien. Judas n’était pas seulement un disciple, c’était aussi mon meilleur ami. A qui d’autre que mon meilleur ami aurais-je pu demander d’accomplir la prophétie ? Lequel de mes disciples aurait eu le courage qu'il fallait pour accepter de me voir mourir, de me conduire à cette mort, d'en être accusé ensuite, s’il n’avait pas été dans le secret ultime, s’il n’avait pas su à quoi cela servirait en réalité ?

Judas s’est pendu et est ressuscité aussi, mais personne ne l’a su, car c’était mon meilleur ami, et on protège son meilleur ami.

Je vais ici relater un fait qui n’est pas dans l’évangile mais qui vous montrera que nous avions une complicité toute spéciale.

Nous étions tous deux seuls autour du feu, un soir, et Judas se plaignit de sa petite taille. En vérité, il n’émit pas de réelles plaintes, mais je vis qu’il en souffrait, car cela lui avait causé préjudice dans ses relations avec autrui, et l’empêchait donc de s’aimer comme il le fallait, comme il méritait.

Sa confession était très belle et pudique, il ne demandait rien, et ne me racontait pas cela pour que je corrige ce problème. C’était seulement une discussion sans autre but que la confidence. Je souris, me tins debout devant lui et le fis se lever. Quand il fut debout, il m’arrivait au nez, alors qu’auparavant, il n’atteignait que mes épaules. Il ne remarqua rien, et me demanda pourquoi je l’avais fait se tenir debout. Cela me fit bien rire. Pour la première fois, un homme que je « guérissais » ne s’apercevait pas de mes bienfaits ! Judas ne comprenait pas mon hilarité. Je lui dis : « Je ris parce que je te toise ». Il fronça les sourcils et ne comprit toujours pas. Son expression interloquée redoubla ma gaieté. Face à lui, je posai alors ma main sur mon nez, comme font les soldats pour le garde-à-vous, et il vit soudain jusqu’où son front arrivait.

Nous avons beaucoup ri ce soir-là, de son bonheur. Il courut aux autres disciples qui dormaient assez loin de nous pour ne pas nous avoir entendus, et leur communiqua sa joie, mais ne l’expliqua pas, ce qui en fit grogner plusieurs.

Personne, parmi les disciples, ni parmi les autres, ne remarqua la différence, ni ce soir-là, ni le lendemain, ni les autres jours. C’est pour cela que ce n’est pas écrit.

Et c’est ce qui me fit dire à Judas : « Tu vois, plus grand ou plus petit, tu es toujours le même, tu n’as pas moins, ni plus de raison de t’aimer aujourd’hui qu’avant. » Ce dont il convint, et ce qui le guérit du jugement que l’on a sur soi-même. Et cette guérison-là fut mon plus grand miracle à son endroit !

Jésus

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7 novembre 2008

Lorsque mon Fils choisit ses disciples, il savait déjà ce qui était écrit, il connaissait déjà la croix. Jésus aurait-il choisi un traître parmi ses disciples pour avoir le plaisir de lui promettre de terribles punitions ? Jésus est-il sado-masochiste ? Assurément non !

Jésus savait, et il avait mis Judas dans la confidence, il espérait seulement que ce serait vous qui le sauveriez, car vous vous seriez sauvés vous-mêmes.

Marie

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