Je suis celui qui…-11 août 2011

A-S cite ce passage de Dolto, et apporte sa réflexion.

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Dolto, L’Evangile tome 1, pages 138-139

« Jésus effraie, il est ressenti comme une menace : il renverse ce qui permet à cette société d’être soudée : les rites, le Temple, les grands prêtres, etc., et par là même, il détruit la culpabilité liée au rite, dette du corps à Dieu.

Quand quelqu’un magnifie à ce point le désir, il n’y a plus de place pour un sentiment de culpabilité. C’est la totale liberté. Comment alors, maintenir unie une société de gens qui seraient totalement libres, qui n’obéiraient plus aux grands prêtres ?

Le christianisme, en s’organisant institutionnellement, a recommencé à faire des « juifs », il a fabriqué à la chaîne des fidèles, aliénés à des personnes vivantes, qui représenteraient elles-mêmes le Phallus symbolique, l’Impossible, l’Autre, l’Ailleurs…

Mais est-il possible qu’une société existe sans aliénation du désir ?

Si c’est une société avec une hiérarchie, c’est impossible. Quand la vie d’une société se fait par échanges entre pairs, c’est possible. »

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En fait, ce qui me plaît dans ce passage, c'est que pour moi, c'est vraiment une clé : ça explique en quoi tu as gêné, et par là même en quoi tu es également gênant aujourd'hui puisque ton action vise à ce que les hommes se libèrent des religions, toujours aussi bien ancrées dans les sociétés actuelles.

En fait, le désir que tu inspires, l'envie de te chercher ou d'aller vers toi, c'est un peu ta part passive, et la déculpabilisation, ta part active. Bon, c'est mal dit, mais dans l'idée, l'envie de venir à toi, le désir de toi, même s'ils sont inspirés par toi, nécessitent une action de notre part. A laquelle toi tu réponds en nous enseignant à ne pas culpabiliser. Ni de ce désir-là, ni d'un autre.

En réalité, le « nous sommes tous égaux devant Dieu » prôné par la religion ne se traduit pas dans l'organisation même de la religion, puisque tout y est hiérarchisé, « réglé » (là je parle des rites).

C'est complètement paradoxal d'ailleurs : la religion, bien qu'avançant une idée vraie, agit inversement dans les faits, en trouvant cela parfaitement logique et normal.

Anne-Sophie

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En te lisant, et en voyant comme tu as parfaitement compris tout cela, j’ai envie d’ajouter une parole à celles que l’on connaît des écritures. J’ai envie de dire : « Je suis celui qui aime ».

Et, de la même façon que j’ai dit « Je suis celui qui est », lors de ma première venue, et que je l’ai dit pour stimuler votre esprit de contradiction, et pour que vous en arriviez à me dire, « Moi aussi, je suis celui qui est ! », je vous le dis pour que vous me répondiez que vous êtes aussi ceux qui aiment.

Puis-je faire plus clair ?

Jésus

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