Intuition : pourquoi plus de femmes que d’hommes ?

Toujours tout à mon écoute des CD des émissions « Quand l’enfant parait », dans lesquels Françoise Dolto donnait ses lumières sur les enfants, je tombe sur un passage éminemment intéressant. Dolto dit que les petites filles parlent plus tôt que les garçons. Pourquoi ? Parce que, dit-elle encore, « Les garçons ont des zizis et pas elles » et elles compensent par le langage. Ensuite, Dolto développe sur les conséquences et d’autres aspects mais par sur ce sujet très précis. Marie répare cet « oubli » aujourd’hui :

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Pourquoi, dans les amphithéâtres, en faculté de psychologie, on voit plus de femmes que d’hommes ? Et pourquoi, en définitive, les hommes, malgré cela, ont une grande prédominance dans ce métier, au moins dans les écrits, une fois les études terminées ?

Pourquoi, dès qu’on aborde les sujets de la spiritualité, de l’occulte (qui n’est pas la même chose, heureusement) de la vie après la vie, des anges, a-t-on une énorme supériorité numérique féminine dans l’auditoire intéressé ? Pour la même raison que ce qu’a dit Dolto. Les femmes n’ont, à première vue pas de zizi. Le leur existe évidemment mais se voit à peine, alors que toutes les petites filles observent bien, rapidement dans leur jeune existence, ce que les garçons ont, qu’elles n’ont pas, et qui se voit comme le nez au milieu de la figure. C’est un mystère total, pour elles, c’est hypnotisant. Pourquoi lui et pas moi ?

Les femmes n’ont pas de zizi, donc, et compensent ce vide par un remplissage. Celui des mots, de la communication, et, parce que les mots créent des images, qu’on peut travailler avec l’imagination, parce que les mots permettent de poser des idées mais aussi des questions, on atteint, avec le langage, tout un monde de mystères, qui rivalise avec le mystère que le garçon a entre les jambes. Et parce que soi-même, on a, en tant que petite fille, un mystère entre les jambes, mais qui n’y vit bien que parce qu’il y est caché, on se dresse face aux garçons. C’est une compétition qui fait naitre tout ça.

Après l’histoire du zizi, la jeune fille apprend que ce zizi peut être long, par l’érection, lorsqu’il est dans le désir sexuel. Elle ne sait pas encore que son sexe à elle entre aussi en érection, puisqu’il grandit en elle lorsqu’elle est, de son côté, en état de désir. Alors, elle a la perception inconsciente d’une chose : si le garçon peut « se mettre debout », c'est-à-dire être en érection, avoir, en quelque sorte, une antenne extraordinaire, mue par le désir, il faut qu’elle aussi puisse avoir une antenne puissante, passionnante, extraordinaire.

Quoi de plus puissant, passionnant, extraordinaire et apparemment inaccessible aux garçons que d’avoir cette antenne magique, qui ne se voit certes pas, mais qui capte les pensées, ce qui communique même au-delà des mots qu’elle s’est exercée très tôt à comprendre et à prononcer ?

Voilà pourquoi, quand il est question d’anges, d’intuition (d’ailleurs, qui parle jamais d’intuition masculine ?), de rites incompréhensibles, de transmission de pensée, et tout les sujets de ce genre, l’assemblée qui gravite autour de ces questions est essentiellement féminine. Voilà pourquoi les femmes sont réputées pour parler plus que les hommes. Voilà pourquoi il y a plus de femmes qui s’intéressent à ces domaines que d’hommes. Ce n’est pas du tout, comme on pourra vous le répondre de la façon la plus saugrenue, que c’est un fait de société expliqué par ceci ou cela qui entre dans des statistiques ou des coutumes.

Quand elle devient nubile, la jeune femme voit ses seins pousser et de ce fait, elle devient l’égale de l’homme pour ce qui concerne ce qui dépasse et se voit. Cependant, comme il a fallu un long délai avant que cela devienne une évidence, la femme a eu le temps de creuser la question, de travailler sa perception, sa sensibilité, son intuition, là où les hommes n’ont rien travaillé du tout.

Mais alors, il n’y a pas d’hommes intuitifs ? Pas de psys masculins valables ? me direz-vous. Il peut, par exemple, trouver que son sexe est trop petit. Il peut, encore, avoir été agressé sexuellement dans l’enfance. Il faut qu’il ait été mis en doute sur ce point, d’une manière ou d’une autre, pour avoir, lui aussi, cherché à compenser un vide ou une dépression.

Vous trouverez, dans les annuaires de soignants faisant appel à ce qu’on appelle la médecine douce, une majorité de femmes. Mais chez les psychologues et les psychiatres, c’est le contraire, quoique cela tende à mieux s’équilibrer, grâce, justement, à des femmes comme Dolto, qui a créé un retentissant précédent.

Alors, pourquoi cette étrange répartition, qui semble illogique ? Tout simplement parce que là où sont les gros sous et/ou la reconnaissance, principalement, donc, du côté des professions reconnues et entérinées par le système de santé, les hommes ne veulent pas qu’on touche à leur « antenne », c'est-à-dire à cette suprématie qu’ils ont depuis toujours, et contre laquelle Dolto a dû (et doit toujours, quand on lit ceux qui l’attaquent encore aujourd’hui) lutter comme une lionne pour faire entendre sa voix. Tapez « anti Dolto » sur la toile, vous ne trouverez pas beaucoup de femme sur ces mots-là.

Cette lutte-là ne concerne pas que le domaine de l’esprit et des soins. Elle est sensible partout et se caractérise notamment sur ce fait que tout le monde connait : les salaires des hommes, à poste égal, sont plus élevés que ceux des femmes. Cependant, il y a beaucoup de femmes qui travaillent, maintenant, alors que ce n’était pas facile avant. Remarquez que la ségrégation est exacerbée dans les milieux des arts. Cherchez les femmes compositrices du temps des grands compositeurs classiques, par exemple… Et maintenant encore. Parce que les arts, c’est ce qui touche au mystère de perfection intérieure, donc, ce qui fonctionne de la même façon que le sexe féminin.

Alors l’intuition est une sensibilité féminine, oui, parce que plus travaillée d’emblée par les femmes.

La raison en nait dans des choses aussi futiles que l’apparence sexuelle.

Mais ce qui est bon à savoir, au-delà de tout ça, c'est qu’il n’est jamais trop tard, pour les filles comme pour les garçons, pour travailler sa sensibilité à la spiritualité. Parce que votre J’aime est là, en vous, au même endroit pour les deux sexes, sur le plexus, et vous pouvez tous, sans exception, l’écouter à merveille.

Marie.

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Merci, Marie, de cette lumineuse avancée. Ce sont toujours les choses le plus simples qui expliquent ce qui parait complexe et mystérieux. Je peux témoigner, moi qui ai beaucoup travaillé mon intuition, moi qui transmet mon ange ici et qui suis un homme, que j’ai commencé à parler à 9 mois. Même si j’avais été une fille, ç’aurait été vraiment très tôt ! je m’étonnais de cet état de fait, qui m’épatait, il faut le dire, et dont je me suis servi dans mon métier de la voix, doubleur de film, chanteur, comédien… Mais quand je fais le rapprochement avec ce que tu dis là, Marie, et que je me remets à l’esprit le fait que j’ai subi des violences sexuelles dans ma petite enfance, tout en ignorant exactement à quel âge, je comprends pourquoi j’ai parlé si tôt et pourquoi j’ai travaillé mon intuition comme une fille.

J’ajoute une autre pensée. En suivant l’émission, Dolto parlais d’un cas qu’on lui soumettait d’un petit garçon qui frappait les petites filles de son âge. Comme on lui demandait pourquoi, il avait répondu : « Je tape les filles parce qu’elles ont pas de zizi ! »

Dolto conseillait, entre autres, au père de cet enfant de lui dire fermement qu’il ne permettait pas qu’on tape sur les filles parce qu’elles n’avaient pas de zizi.

Mais pendant qu’elle parlait, une idée me venait, qu’elle n’a pas dite au micro, et qui, je crois, est un complément qui aurait pu avoir sa place ensuite. J’aurais volontiers ajouté ce que Marie me soufflait alors et qu’elle a dit plus haut : "la fille aussi a un zizi, qui peut aussi avoir une forme d’érection."
Et je pense que ç’aurait été une bonne chose que le père de cet enfant le lui dise aussi, car cela aurait remis les deux sexes sur un plan d’équilibre et aurait invalidé la violence du petit garçon, avec une explication tout aussi terre à terre que celle du zizi que les filles n’ont pas.

Luc

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Imane répond

Tout est une histoire de zizi sur terre. Pourquoi?

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Encore une excellente question. A laquelle il va être difficile de répondre de façon concise et englobant le plus de points possible.

Je suis débord tentée de te répondre : « Pourquoi pas ? » ce qui aurait le mérite d’apparemment parfaitement correspondre à la synthèse que j’envisageais tout à l’heure. Mais c’est clair que ça ne sera pas suffisant.

Alors allons-y. Si tu regardes les animaux, avec lesquels les humains ont quand même pas mal de points communs, tu vois qu’ils semblent obéir à quelque chose qui est plus fort qu’eux. Des grandes transhumances, au cours desquelles il y a beaucoup de pertes parmi eux, comme pour les manchots empereurs, par exemple. Un exemple qui parlera bien puisqu’il y a eu un film qui traite de cela et qu’il a été vu par beaucoup de monde. Les saumons, aussi, qui remontent la rivière et arrivent, méconnaissables, épuisés, au lieu de reproduction.

Obéissent-i-l à l’instinct de survie, à quelque chose de purement physique ? Pas vraiment. C’est plus haut placé que cela. Le corps suit, le corps accepte, le corps bondit, oui. Mais c’est sous l’impulsion de l’esprit. Et il y a un tel ensemble dans ces schémas et chemins de reproduction qu’on peut comprendre que ce qui gouverne cela, c’est au dessus de l’individu, même si c’est aussi l’individu.

Regarde les vols d’étourneaux après les vendanges, comme ils forment un ensemble cohérent, en mouvance au dessus de la pitance. Regarde les bancs de poissons qui se mettent en une sorte de cyclone, pour espérer paraitre un seul être au prédateur, et pour que certains puissent, à cause de cette masse, échapper à la mort.

Ce qui gouverne cela est une intelligence commune, une réunion des conscients autour d’un besoin vital. Résister au prédateur, c’est vital. Dans ce cas, c’est une union des J’aime, prenant le contrôle de la multitude.

Naitre et faire naitre aussi, c’est vital. Et cela passe par la sexualité. Pour les animaux, c’est aussi une union des J’aime agissant pareillement.

Et pour les humains ? Nooon, nous, nous sommes plus intelligents que ça, il faut des manières, on ne fraye pas avec n’importe qui, on ne fait pas ça n’importe comment !

En êtes-vous si sûr ? Vous savez, quand on vous regarde de là-haut, on vous voit parfois un peu comme vous voyez les reportages d’animaux à la télévision.

Regardez cette grande transhumance de l’été, pendant laquelle on va s’entasser tous en même temps sur les plages. Ne sont-ce pas des lieux de reproduction, basiquement, même s’il faut, par convention, la quitter, trouver une chambre pour accomplir l’acte ?

Et la survie ? Regardez, en tant de guerre, quand il est vital de se défendre ou d’attaquer, ces mouvements de troupes, parfaitement ordonnés, qui vont combattre d’autre troupes, tout aussi bien alignées, comme les poissons ou les étourneaux de tout à l’heure.

La différence principale entre la reproduction et la survie, c’est qu’au combat, l’être humain est tellement compliqué qu’au lieu de suivre un J’aime global, de le laisser régner, on a nommé des chefs, qui n’ont aucune vision globale, et qui font bien trop d’erreurs, alors que pour la reproduction, me direz-vous, on fait ce qu’on veut, il n’y a personne pour nous dire : « accouplez-vous ! » Eh bien si ! Mais, à la différence des animaux, vous avez mille barrières ou mille désirs qui sont compliqués à réaliser et qui vous empêchent d’agir dans la simplicité des animaux. Les humains, supérieurs aux animaux ? Pas toujours, quand on voit cet homme et cette femme amoureux mais qui n’osent pas se parler et qui se feront séduire par quelqu’un qui sait le faire et qui ne sera pas fait pour eux… Ca n’arrive pas vraiment avec les animaux, vous savez.

Bon, alors, il y a cette union de J’aime. Certes. Mais Imane me dira : « Il n’y a pas tout le temps des mouvements de foule, on peut s’accoupler dans d’autre conditions, et on peut aussi s’aimer, non ? »

Tout à fait, répondrais-je, et le sexe est fait pour ça, et pour magnifier ça jusque dans le corps !

En dehors des grandes pulsions de masse, qui servent avant tout à la survie de l’espèce, il y a des gens qui écoutent leur J’aime ou le suivent inconsciemment et qui font l’amour. Pourquoi le J’aime veut-il qu’il y it acte d’amour ? Pourquoi, aussi, veut-il qu’il y ait naissance ? Est-ce que c’est indissociable ?

C’est tout à fait dissociable en vérité. Faire l’amour sans visée de procréation, et avec sentiment profond et vrai et réciproque, c’est pour le J’aime une merveille, parce que c’est donner l’exemple de la lumière à d’autres J’aime pas encore incarnés. Oui, les J’aime vous regardent quand vous faites l’amour. Et non, ce ne sont pas des voyeurs, ils ne regardent pas vos corps, ce n’est pas ça qui les intéresse, c’est la lumière mutuellement amplifiée à cette occasion, qu’ils observent, et ils se disent « oui, je veux aussi faire cette lumière sur la terre, là où il n’y en a pas. Quand vous vous aimez vraiment, c’est une extraordinaire, incalculable explosion de lumière que vous faites. C’est un soleil spirituel. Et pour les J’aime à venir, comme pour les anges, d’ailleurs, c’est un feu d’artifice !

Ils s’inspirent de vous, vous êtes des exemples à suivre.

Les J’aime qui vont s’incarner sont montés tout au sommet déjà, et puis, ils en sont redescendus, pour rejoindre leur place, et cette rencontre au sommet de l’amour a été un tel paroxysme de joie, de bonheur, qu’ils ne rêvent que de le revivre. Donc, de se réincarner sur la terre, pour vivre, accomplir leur élévation, et, en mourant, recevoir le baiser du Père, inouï, tout en haut, là où se meut l’Amour Absolu. Et recommencer pour faire encore et encore grandir cet amour absolu. Qui n’a pas de limite, et qui, grâce à leur élévation, aura été encore plus haut, plus fort, plus formidable que lors de leur précédent passage au sommet.

Alors, quand vous vous incarnez, vous avez vu cet exemple de l’Amour. Et même si vous avez oublié ce qui s’est passé au ciel, votre J’aime, lui, sait. Et il vous montre par où cela se passe, comment on vient à faire toute cette lumière.

Et il cherche de toutes ses forces à ce que vous ne galvaudiez pas votre amour, à ce que vous alliez vers le grand, le vrai grand amour dont vous rêvez grâce à lui jusque dans votre conscient, parce qu’il sait que si vous accomplissez l’acte en dehors de cette vision d’amour vrai, en direction de l’absolu, alors, vous ne faites qu’un ersatz de lumière, et cela ne sert de rien.

Voilà pourquoi, garçon ou fille, vous êtes fasciné par la sexualité, la vôtre et parfois celle des autres, comme quand vous étiez pur J’aime et que vous assistiez à la lumière.

Voila pourquoi, ne comprenant pas que cela passe par une chose, un objet physique, des gens se disent que c’est mal, parce qu’ils ne voient pas la lumière qu’ils font pourtant, et ils sont déçus de ne pas communiquer avec leur J’aime pour enfin voir ça, c'est-à-dire se repaitre enfin de la joie d’avoir fait ce qu’ils sont venus faire sur terre, de la lumière.

Et, par dépit, ils disent que c’est mal. Alors qu’il leur suffirait de travailler à communiquer avec leur J’aime pour voir enfin la vraie lumière.

Est-ce que tu vois, maintenant, pourquoi j’étais tentée de te répondre juste « Pourquoi pas » au début ? Parce que dans ce pourquoi pas, il y a aussi tout ce que je t’ai dit là.

Marie

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Maintenant je comprends la beauté de l'acte.

C'est bien plus poétique que ce que j'ai appris.

Merci à toi

Imane

Table des messanges