Il y a tant de murs de Berlin-19 mai 2011

Vous qui roulez sur l’autoroute, depuis des années, en vous disant que tout de même, « c’est beau le progrès », vous qui ne vous posez même pas la question de savoir si la terre est à vous, n’avez-vous pas eu une petite lueur s’éclairant dans votre conscience, en imaginant comment vos « inférieurs », les animaux, vivent cela ?

Non, après tout, qu’est-ce que ça peut bien faire ?

Booooon, très bien ! Alors voilà, imaginez que vous êtes un cerf. C’est vivant, un cerf. Ca pense. Hé oui ! Ca a des émotions. Ce n’est pas une machine à brouter de l’herbe. Ce n’est pas un objet de déco, posé là par Dieu pour faire joli. C’est un être vivant, qui a, mais oui, autant d’importance que vous ! Hé bien, je vous flanque dans votre forêt, et je vous laisse libre. Que faites-vous ? Vous vous promenez, vous vous alimentez, vous établissez des liens avec votre communauté, vous vous construisez un territoire. Jusque là, rien de bien différent de ce qui se passe chez vous, en gros. Et là, tout à coup, des sortes d’extraterrestres, qui n’ont même pas de soucoupes volantes pour retourner dans leur galaxie, font une descente près de votre forêt et de vos prairies, et construisent… une autoroute ! Pour vous, c’est le mur de Berlin ! Si vous réussissez à le franchir, simplement parce que vous souhaitez rejoindre une partie d’habitat qui est à vous, vous êtes mort ! Quand vous, les hommes, construisez des autoroutes, des routes, vous construisez des murs de Berlin pour tous les animaux se déplaçant sur la terre.

C’est beau un oiseau ! Mais que penseriez-vous, si vous les voyiez, au bord de votre autoroute, s’écraser sur un mur de plexiglas invisible, que vous auriez construit, autour de votre quatre voies ? Prendriez-vous conscience, un tout petit peu, du fait que vous faites subir à d’autres représentants de la vie, pour votre confort, un impitoyable inconfort, une terrible punition, totalement injustifiée ? Puisque vous aimez construire, ne serait-il pas temps d’imaginer, pour ces toutes petites bestioles « insignifiantes » de faire des ponts, et des souterrains, à leur attention exclusive, pour qu’ils puissent à nouveau évoluer chez eux ? Est-ce mon idée qui est idiote ? Ou l’idiotie se trouve-t-elle ailleurs ?

Si vous estimez que le peu de passages existants suffit, imaginez que pour aller de la station de métro Châtelet à Paris, à la station Gare de Lyon, il y ait une seule porte, sans indications, et qui vous fasse passer, à pied, par la Défense, pour rejoindre ensuite la gare de Lyon, et vous m’aurez comprise. Il faut que ces passages soient nombreux. Il faut que ces passages soient utilisés par les animaux. Et pour cela, il faut étudier leurs mœurs, et se plier à leurs désirs, à leurs aspirations. Il faut que la science se penche sur ce problème. Ce sera autant de temps en moins gaspillé pour construire des missiles. Il faut que les animaux se sentent respectés. Il faut que les animaux sachent lire les panneaux indicateurs faits pour eux. Et ne commencez pas à mêler l’argent à tout ça, ne leur demandez pas des tickets pour traverser ! Même en passant par un quelconque système de sponsors ! Car chaque ticket que vous feriez payer devrait être remboursé en actes d’amour, par ceux qui en auraient touché le bénéfice, une fois arrivés au ciel. Et vous savez, au paradis, même si c’est facile de faire des actes d’amour, on aime toujours mieux en faire qui soient gratuits, en amont et en aval, plutôt que des actes de remboursement !

Marie

Table des messanges