Il n'y a pas d’animal méchant

Je vous entends souvent dire cette grande évidence : « Il n y’a pas d’animal méchant, il n’y a que des maîtres méchants ».

Pour les humains, c’est tout aussi évidemment la même logique : il n’y a pas d’homme méchant, il n’y a que des gens qui souffrent par d’autres, et qui, de ce fait, agissent mal. Alors, parce qu’ils ont souffert, ils méritent l’enfer ? Et leur victimes, comment se relèveront-elles, en sachant que la souffrance n’engendre rien d’autre que la souffrance, pour la victime et pour le bourreau. Une souffrance, qui, finalement, tourne en rond et n’en finit pas de s’échanger entre tous les belligérants.

Ne serait-il pas plus avisé de chercher à faire comprendre à ceux qui agissent mal qu’ils souffrent, et comment se débarrasser de leurs souffrances : en les formulant, en les comprenant, et en pardonnant celles qu’ils ont subies ? En prenant conscience de tout cela, immanquablement, l’envie ne les prendrait-elle pas, irrésistible, de réparer le mal qu’ils auraient fait ?

Ne vaut-il pas mieux leur laisser cette chance, plutôt que seulement les punir, les laisser végéter dans de nouvelles souffrances, lesquelles les pousseront, dès qu’ils en auront le loisir, à faire souffrir encore ?

Quand vous agissez mal, n’avez-vous pas inconsciemment envie, avant tout, qu’on vous comprenne, qu'on vous aide à vous comprendre, et qu’on vous aide à ne plus recommencer ? Croyez-vous que si vous êtes puni, même avec bon sens, cela suffira à résoudre le problème dans son ensemble ? Cesserez-vous pour autant d’être dangereux pour autrui ?

Faire souffrir n’est-il pas une forme, très inadaptée, d’appel au secours ?

Comment pouvez-vous ne pas vous poser toutes ces questions, et d’autres, pour enfin guérir de vos souffrances, mais aussi et surtout, de celles des autres ?

Marie

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