Grandir avec le pardon

Combien d’entre vous ont malappris (je crée ce verbe volontairement) à dire « Je m’excuse » au lieu de : « Excusez-moi » ? La première façon de faire est très inefficace et malpolie, parce qu’elle se moque de l’acquiescement, de l’avis, de l’existence même de l’autre, et croit effacer le mal alors qu’elle ne fait que le mettre en exergue, en attendant de le voir revenir, parce qu’incomplètement corrigé. Comme un microbe qui devient résistant à un antibiotique, votre mal non réparé revient, plus fort, plus difficile à vaincre.

Oui, il faut demander pardon pour l’obtenir. On ne se sert pas en pardon comme on prend des pâtes dans le plat. Ni comme on piquerait une pomme sur un étalage au marché. On ne peut pas voler un pardon. Car dans ce cas, pour tout magnifique qu’il paraisse, il est faux, et, comme tout bien mal acquis, il ne profite jamais. On ne peut que l’obtenir, ce pardon, d’un commun accord avec la personne à qui on le demande. On ne peut pas « prendre pardon », on doit demander pardon. Et il faut être d’extrême bonne foi pour que ce pardon soit vraiment une guérison, pour celui qui a souffert, mais aussi pour celui qui a fait souffrir. Oui, les deux protagonistes souffrent. Sinon, pourquoi celui qui a fait souffrir se sentirait-il poussé à demander pardon ? C’est douloureux d’être victime. Mais, à plus longue échéance, cela devient, en conscience, plus douloureux encore d’avoir fait souffrir. Surtout au moment où l’on sent approcher la fin, et qu’on se rend compte qu’on n’a pas pris le temps de réparer, et qu’on ne sait pas si et comment on va pouvoir le faire. Parce qu’obtenir le pardon est une chose, mais il ne suffit pas du tout, jamais, à faire cesser les souffrances uni ou bilatérales. Il faut réparer le mal qui a été fait, pour que la paix puisse réellement, durablement, profondément, mutuellement, s’installer.

Je sais, j’ai déjà abordé ce sujet, mais je n’ai pas à regretter d’y revenir, parce que c’est une chose qu’il ne sera possible de cesser de vous dire que quand vous l’aurez comprise, que vous l’aurez tellement assimilée que vous l’aurez faite vôtre, et que donc, vous agirez comme il faut. Et je n’ai pas à vous demander pardon de radoter, parce que, détestant parler pour ne rien dire, je vais ajouter quelque chose aux réflexions que j’ai déjà faites : vous croyez vous vous rabaisser quand vous en arrivez à devoir dire « Je m’excuse ». Pire, vous pensez que vous allez grandement vous humilier, quand vous demandez pardon au lieu de prendre pardon. C’est pour cela que vous choisissez de seulement vous rabaisser un peu, au lieu de vous humilier. Mais si vous réfléchissiez, en laissant entrer un peu de la lumière de votre âme dans votre quotidien grisâtre, vous comprendriez cette évidence : c’est quand vous demandez pardon que vous vous grandissez, spirituellement.

Pour peu, bien sûr, que vous ayez effectivement fait quelque chose de mal. Si vous demandez pardon à tout bout de champs alors que vous n’avez rien fait, vous ne vous grandissez évidemment pas, vous vous mettez à stagner sur votre position spirituelle. Et vous ne vous rendez pas compte que la plupart du temps, ce qui vous pousse à demander pardon sans arrêt et pour rien, c’est le besoin irrépressible de vous faire aimer artificiellement. C'est-à-dire, de provoquer l’autre pour qu’il vous contredise ainsi : « Mais non, ne t’excuse pas, tu n’as rien fait de mal ». Ce qui revient à dire : « Tu es quelqu’un de bien ». Sans lui, seriez-vous quelqu'un de bien à vos propres yeux et aux yeux d’autrui ? Sans lui, et cette réponse obligée, est-ce que vous arriveriez à vous trouver une raison d’être là, une raison de vivre, même ?

Sauriez-vous vivre sans vos souffrances ? Sans qu’on vous rassure, tout le temps, sur ce que vous êtes pour les autres ?

N’êtes-vous pas capable de voir l’essentiel, qui est que votre âme veut vous voir grandir, et donc, demander pardon et réparer quand il le faut. Mais seulement quand il le faut ?

Votre âme ne veut pas que vous vous rabaissiez. Ni que vous vous humiliiez. Le problème, c’est que vous voyez les choses à l’envers par rapport à elle, et ce que vous voyez haut, bien souvent, est bas pour elle, et vice-versa ;

Posez-vous la question : qui est-ce qui a raison ?

Mon âme (mon J’aime) ou moi ?

Et répondez-vous en toute honnêteté cette vérité qui est que vous ne savez pas grand-chose de votre âme, et que votre âme sait tout de vous. Vous saurez alors qui a raison, qui suivre : votre part d’âme, votre part d’amour.

Ecoutez votre âme. C’est elle que vous priez quand vous vous adressez à Dieu. Alors, laissez-la vous parler, et ne faites pas tout le temps le contraire de ce qu’elle vous conseille, puisque vous lui demandez son aide. Faites quelque chose d’utile pour vous.

Grandissez !

Marie

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Question de D. (homme) :

Marie fait allusion au mensonge du matérialisme c'est ça?

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Bonjour D.

J’ai laissé dans le flou une partie de ce que j'expliquais, pour que tu poses la bonne question, afin que la progression vers la lumière ne soit pas la mienne, mais la tienne, et celle de tous ceux qui la verront et à qui cela donnera envie de la suivre.

Je ne parle pas du matérialisme, mais de l'image, du masque que chacun porte sur lui, même et surtout lorsqu'il est devant un miroir. Masque de sourire alors qu'on est triste. Masque de richesse alors qu'on est pauvre (voir ce que vous achetez à crédit sans pouvoir vous arrêter), masque embellisseur d'apparence. Vous vous mentez à vous-même, et vous en êtes content lorsque vous arrivez à vous tromper assez pour que les autres se trompent aussi sur vous, dans le sens qui vous arrange. Tous ces efforts pour modifier ce qui est sont perdus, parce que vous êtes ce que vous êtes, et il arrive toujours un moment où vous êtes à nu devant vous-même, et devant les autres. Si vous croyez pouvoir l'éviter, c'est une erreur. Car même si vous le repoussez jusqu'au bout, donc, jusqu'à la mort, vous le trouverez devant vous dans l'autre monde.

Alors, débrouillez-vous pour que votre âme soit au grand jour dans votre vie d'aujourd'hui. Pour cela, il vous faut la voir et l'aimer enfin telle qu'elle est. Faites en sorte qu'elle ne soit pas maquillée. Vous saurez, ainsi, ce que vous êtes, pourquoi vous êtes venu, ce qu'il faut faire pour réussir cela. Et surtout, vous saurez ce qu'il faut faire pour vous élever, c'est-à-dire faire encore plus de lumière, laisser passer toute la lumière de votre âme, pour qu'elle grandisse, et que vous soyez enfin heureux de toute cette lumière, non de votre voiture, de votre maison, de votre compte en banque, de votre position sociale. Car la lumière, c'est votre immense, votre merveilleuse, votre inaliénable richesse. Vous ne savez même pas tout ce que fait votre lumière. Elle illumine autour de vous, et guérit ceux qui veulent guérir, pousse ceux qui ne s'aiment pas à s'aimer comme ils le devraient. Si votre entourage vous fuit, vous ignore, vous traite avec froideur alors que vous donnez tant et plus, c'est simplement parce qu'ils ne veulent pas recevoir de vous cette lumière qu'ils sentent et qui leur fait peur, les fait même parfois fuir. Parce que la prendre, ce serait guérir de leurs souffrances, ce serait vivre enfin par eux-mêmes, sans avoir besoin qu'on les aide à être, à s'aimer pour ce qu'ils sont et non pour ce qu'ils paraissent être, ce qu'ils voient dans le miroir, déformé par le masque. Par la tromperie à soi-même. Et ça, ils ne pensent pas qu'ils puissent y arriver.

Si on vous fuit quand vous donnez de l'amour, ce n'est pas parce que vous êtes niais, laid, bête. C'est parce qu'on est ignorant de ses propres possibilités. Et ce qui vous fait de la peine, vraiment, là-dedans, ce n'est pas tant l'idée qu'on vous ignore que le fait de voir des gens gâcher le sens de leur vie. Car ils sont venus, comme vous, pour donner et prendre de l'amour vrai. Et le faire grandir.

Laissez-les à leur gâchis, ce n'est pas le vôtre. Vous avez fait ce qu'il fallait pour leur donner leur chance. Vous avez grandi dans votre lumière, en faisant cela. Si vous voulez vraiment qu'ils grandissent aussi, il faut, maintenant que vous leur avez donné l'exemple, qu'ils le laissent mûrir en eux, pour accomplir ou non ce qu'ils sont venus faire ici, mais il faut qu'ils le fassent tout seuls, car sinon, si vous quittez ce monde, sans vous, qu'auront-ils l'impression de pouvoir réussir ? Il faut leur lâcher la main pour qu'ils puissent faire leur propre avancée vers la lumière, comme, un jour, vous lâchez la main de votre tout petit enfant, pour qu'il apprenne à tenir debout.

C'est l'apanage des anges d'agir ainsi. On se reconnaît ange dans la vie quand on souffre parce que les autres ne veulent pas guérir, et ne s'aiment pas, et gâchent leur passage sur la terre dans des mensonges à soi-même, qui sont encouragés à chaque instant par la télévision, la publicité, le marketing, qui produisent de plus en plus d’objets pour isoler chacun dans son coin, afin de mieux lui dire comment penser, quoi faire, comment avoir le plus beau masque.

Il faut avoir vécu cela, dans toute sa dureté, et avoir su s'en sortir, pour, au bout du voyage, s'estimer, s'aimer, d'avoir réussi à donner et prendre de l'amour là où il n'y en a pas, ou rien que du faux. Courage, D., tu es un ange sur le bon chemin, et si tu regardes vers le ciel, et vers ceux qui veulent vraiment guérir, vers ceux, et ils existent, qui ont guéri et qui s'aiment plus grâce à toi, tu verras le bien-fondé de tout cela, et te concevras la joie de Pouvoir Etre, la joie d'avoir déjà fait ce qu'il fallait

Marie.

Table des messanges