Faire le mal

Marie m’a donné cette nuit une jolie pensée. Elle disait que nous faisons tous du bien et du mal, mais que lorsque nous avons fait le bien, nous savons que c’est toujours plus profitable, bien plus agréable, et que cela peut nous lancer définitivement sur cette voie.

Faire, le mal, c’est toujours une souffrance pour soi, et on s’y acharne, pour gagner une forme de pouvoir, et on cherche dans le pouvoir un ersatz de l’amour.

Lorsque vous commencez à faire le bien, il est beaucoup plus facile de continuer sur ce chemin que lorsque vous faites le mal.

Le mal se reconnaît au fait qu’il fait souffrir l’âme, qu’il est un combat perdu d’avance, un combat pour lequel nous nous appuyons sur la haine, l’incompréhension, la non acceptation de la différence.

Ceux qui mènent un combat par haine font le mal. L’amour est l’arme des justes.

Marie

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J’ai demandé à Marie de m’éclairer sur la guerre de 1939-45, car je me demandais s’il aurait, du coup, mieux valu ne pas faire la guerre, se laisser faire, tendre la joue gauche. Voici sa réponse :

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Jésus a dit de tendre l’autre joue si on vous gifle, cela ne veut pas dire qu’il doit toujours en être ainsi. Lorsque l’ennemi persiste dans sa torture et profite indéfiniment et cyniquement de sa position de force, il est un moment ou vous devez réagir. C’est à ce moment, et uniquement à celui-là, qu’intervient « œil pour œil, dent pour dent ». Il y a une chronologie, il ne faut pas prendre les choses dans l’autre sens, il ne faut pas commencer par œil pour œil. Donnez d’abord l’exemple de tendre l'autre joue, pour donner à l’ennemi une chance de s’apercevoir du mal qu’il fait, et pour vous éclairer vous-mêmes sur la noblesse de votre lutte.

Pourquoi n’avez-vous pas vu qu’il existait, avant celle de se battre à mort, la solution de ne pas donner des armes, ni des moyens d’en fabriquer, à Hitler ? Bien sûr, ensuite, quand est venu le résultat de vos manquements à empêcher la cause, il fallait se battre.

La guerre de 1939-45 a été un vaccin qui n’a pas encore fonctionné. C’était pour vous faire comprendre qu’il fallait abandonner les armes, à tout jamais. Même devant les millions de morts, vous n’avez pas encore compris que la meilleure arme pour se protéger, c’est de ne pas tolérer d’armes. Politiciens, achetez-les, détruisez-les, empêchez qu’on en fasse de nouvelles, et cessez d’en vendre, car au moment de passer dans l’autre monde, chaque arme vendue sera une pierre pendue à votre cou. Pauvres enfants que vous êtes, qui vous prenez pour de grands hommes, pour des adultes, et qui ne voyez pas l’évidence : faire des armes, vendre des armes mène inévitablement à les utiliser, et donc à en pâtir !

Hitler était fou, et le peuple de l’axe a résonné, parce que rien n’est plus contagieux que la folie.

Ce vaccin, Hitler, c’était un homme fou, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Nous l’avons laissé venir à vous, comme lorsqu’un médecin inocule en vous un microbe déficient, afin que le corps puisse le repérer et le rendre inoffensif, pour vaincre ensuite les microbes contaminés par cette folie. Ce que votre corps, une simple machine non pensante, peut faire, votre esprit n’a pas été capable de le faire, vous n’avez pas reconnu le fou, vous l’avez laissé se multiplier, et corrompre la vie. Alors, bien sûr, est venu le moment d’œil pour œil. Mais œil pour œil n’est qu’un pis-aller, une obligation au lieu d’un choix, car elle aveugle tout le monde, comme l’a dit Gandhi. La preuve en est que vous n’avez pas retenu la grande leçon de cette horreur, et vous avez construit des murs inutiles, sources d’autres souffrances, et vous avez construit de nouvelles armes, encore plus meurtrières, au lieu de profiter du temps béni de la paix pour tuer les causes de la guerre dans l’œuf.

Marie

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Marie rappelle ce que traverse Hitler maintenant :

Hitler a vu l’amour, il a rencontré Dieu, et aspire évidemment, comme tout le monde, à le rejoindre, mais il meurt et se réincarne sans arrêt, en l’espace de quelques semaines, sans une chance de se racheter, tant que les hommes penseront à lui. Il sait ce qu’il perd puisqu’il a vu Dieu, et il souffre de cela, plus qu’il est possible de le dire.

Marie

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Tendre l'autre joue, nouvel angle de la lumière

Lorsque nous vous disons que, face à une agression, il faut tendre l’autre joue, nous ne vous demandons pas d’être stupidement obéissants à nos préceptes quoi qu’il puisse vous en coûter, ni d’apprendre par cœur sans réfléchir, au contraire, nous vous engageons à les comprendre et à les vivre. Nous ne vous demandons pas de souffrir bêtement en attendant que ça se passe, nous n’admirons pas la souffrance, nous ne la voulons pas, nous n’aimons pas vous voir souffrir. Nous vous proposons de tendre l'autre joue, parce que votre adversaire a alors une chance de réaliser que votre joue tendue est tellement facile à gifler, que ce n’en est plus attrayant. Les lions et les requins n’attaquent pas si souvent des proies immobiles. De plus, l’adversaire va sentir que son acte n’est pas glorieux, et, impuissant à vous faire réagir, il finira par devoir accepter en son for intérieur que son acte violent est sans commune mesure avec votre force de caractère. Car lui n’aurait pas tendu l’autre joue. Voyez Gandhi. Sa non-violence a appelé le jugement des autres gens sur l’agresseur, qui, devant l’iniquité de son geste, a fini par comprendre qu’il devait s’en aller. L’adversaire qui frappe le fait pour se faire respecter de la majorité. Si la majorité le juge mal, son geste est sans objet, et il est vaincu de fait. Si malgré cela, l’adversaire a la folie d’un Hitler, et persiste en cela, alors, il faut cesser de tendre la joue, pour se battre. Face à un adversaire aussi coriace qu’Hitler, il ne faut pas attendre des années, et agir très vite. Le temps de réaction et le nombre de fois où vous tendez l’autre joue est proportionnel au degré de méchanceté de celui qui vous attaque. Laissez traîner les choses, et, comme un enfant à qui on ne donne pas de limites, l’agresseur ne se sentira freiné par rien, trouvera normal de chercher à vous dominer, voire à vous écraser, et son importance, donc le danger qu’il représente, grandira.

Dans ce cas, les phrases « tendre l’autre joue » et « œil pour œil » ne sont pas contradictoires, mais complémentaires et successives, dans l’ordre où elles sont citées ici, et non à l’envers. En revanche, le combat de Gandhi, lui, a été très long, et il n’a pas rendu œil pour œil, car c’était la seule manière intelligente et utile de faire : son adversaire était si profondément enraciné dans son sol qu’il lui fallait un arrachage long et méthodique, pour essayer de faire au mieux qu’il ne renaisse pas.

Nous vous donnons des pistes, cela ne veut pas dire qu’il faut appliquer ce que nous disons aveuglément, sans placer les choses dans leur contexte, et sans trouver vous-même des manières de les adapter aux meilleures chances de résultat.

Marie

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