Enfer, terre, paradis

Il a été établi par vos très officiels chercheurs que le fait de dire : « l’enfer, c’est la terre », est un signe de pathologie grave. Mais de quoi souffrent, alors, ceux qui ne voient pas que dans le monde dans lequel vous vivez, l’oiseau qui pond dans son nid met ses enfants à la merci des prédateurs. Qui ne réalisent pas que lorsque les orques chassent, ils font diversion auprès de la baleine qui protège son baleineau, pour mieux le dévorer ? Qui ne voient pas qu’à peine nés, les bébés tortues courent à la plage et se font décimer par les oiseaux ? Et vous admirez cette nature-là. Vous priez pour elle, même. Vous dites qu’elle est signée de Dieu. Pis encore, vous vous soulevez pour vous révolter quand, à la télévision, on voit un animal maltraité, mais lorsque vous voyez, dans le même petit écran, les hommes se massacrer à la guerre, d’une façon tout aussi sanguinolente, vous ne levez pas le petit doigt ! Ca ne vous émeut pas autant qu’un animal ? Pourtant, vous vous trouvez si importants, tellement supérieurs à l’animal. Alors, où est le bon sens ?

Dites-moi, est-ce que ça ne vous crève pas les yeux que c’est l’enfer, cela ? Non ? Alors, comment voyez-vous le paradis ? Une suite logique à ce monde que vous connaissez ? Un endroit où les âmes qui arrivent sont le plancton, les proies d’âmes plus grandes ?

Non, mes amours, Dieu n’a pas créé la terre comme ça. Ce sont les EBA qui l’ont voulue si cruelle. Ce sont les EBA que vous suivez quand vous prenez leurs vessies pour des lanternes. Dieu vous aime, pourquoi vous aurait-Il jeté dans un monde où vous vous faites bouffer ? Le feriez-vous avec vos enfants ?

Que veulent les EBA ? Le Rien. Ils le montrent bien, en laissant la vie venir sur la terre (ils ne peuvent l’empêcher, parce que la vie, c’est Dieu) et en l’écrasant autant que possible. En incitant les êtres les plus intelligents à devenir idiots au point de s’entre-détruire, ou de se menacer de totale destruction. Pour que les hommes en viennent ensuite à se plaindre d’avoir des cauchemars, ou de vivre des cauchemars. A vouloir détruire encore plus fort, encore plus grand.

Comment ne voyez-vous pas que vous êtes descendus en enfer, non parce que vous êtes punis, mais parce que vous voulez apporter votre amour en un lieu où il y en a si peu, où on tue et se tue ? Si vous voyez cela, prendrez-vous enfin conscience de la mission que vous vous êtes donnée, avant de venir sur terre ? Vous mettrez-vous à l’accomplir ? Direz-vous non à la violence, à la fatalité, ferez-vous, enfin, des miracles ? Car vous pouvez les faire. Vous le pouvez et vous le devez. C’est ce que votre âme attend de vous.

Comment voyez-vous le paradis ? Si je vous le décrivais, nombre d’entre vous diraient « Pouah ! » et tourneraient les talons. Surtout les personnes qui ont beaucoup de religion, et qui prient pour ce paradis qu’ils sont venus faire sur terre, sans le savoir. Ce paradis, dont ils voudraient qu’il leur vienne tout cuit au jour de leur mort, s’ils ont suffisamment dit de chapelets. Ce paradis, dont ils ont une vision si grotesque qu’on se demande s’ils auront la glorieuse idée, un jour, de ne faire que soulever un peu leurs œillères.

C’est quoi, le paradis ? Mon Amour ! (Marie dit souvent « mon amour » au lieu de mon Dieu », note de Luc).

Si je vous racontais, si je vous disais, vous ne comprendriez pas. Si ? Alors, allons-y. Je vous donne des éléments. Au paradis, il n’y a pas de football, pas de magasins, je l’ai déjà dit ici. Mais il n’y a pas non plus d’hostie, pas de croix (pensez-vous que même au ciel, nous avons envie de commémorer cette funeste chose, cette lamentable date ?), pas de missel, pas de prêtre, non, rien de tout cela, pas de génuflexion, et, je vais vous faire très peur si vous êtes très croyant, même pas d’église ! Pas de temple. Pas de jeux vidéo. Pas de cadeaux de Noël, pas de sapin. Pas de publicité. Pas d’argent. Pas de riche, pas de pauvre. Il n’y a rien de tout ce qui vous fait courir si tristement les uns derrière les autres, parce que vous pensez que si l’autre court, il a une bonne raison. Comme dans cette blague très connue du trappeur, mais que je vous donne pour ceux qui ne l’auraient jamais entendue : le trappeur demande à un indien si l’hiver va être froid. L’indien lui répond oui, alors, le trappeur coupe du bois. Puis, il recroise l’indien, et, à chaque fois, l’indien lui parle d’un hiver de plus en plus rigoureux, et à chaque fois encore, le trappeur coupe à nouveau du bois. Et finalement, il demande à l’indien comment il sait que l’hiver va être si froid, et celui-ci répond : « Quand homme blanc couper beaucoup bois, hiver trèèès rigoureux ! »

Au paradis, voulez-vous que je vous dise, mes amours, il y a tellement, il y a Tout. C’est, à chaque pas, rempli de ce sentiment de joie que vous avez eu sur terre en renouant un jour avec une personne que vous avez fait souffrir, et qui vous a enfin pardonné. C’est plein de toutes les joies que vous avez emportées avec vous, et que vous redécouvrez en voyant tout ce qu’il y a eu de véritablement digne d’un génie, dans vos actes. C’est le bonheur de se découvrir génie aimant, même pour celui qui a semblé pauvre d’esprit toute sa vie. C’est la qualité inégalable d’un regard d’enfant (vous, enfant émerveillé) sur un coucher de soleil somptueux. Le paradis, c’est un embaumement de vraie chaleur humaine, de celle, si rare au cours de votre vie, que vous avez réussi à instaurer entre ceux qui s’aimaient, et ceux qui ne s’aimaient pas. Le paradis, c’est aussi, figurez-vous, pouvoir descendre dans le corps d’un être incarné, comme vous, avec l’accord de son âme (vous n’en êtes pas conscient) et partager la joie de goûter à travers lui son délicieux dessert. En osmose avec l’âme qui accueille.

Le paradis, c’est pouvoir être là, ou là, comme vous le voulez, où vous le voulez, près d’une âme qui souffre, par exemple, et lui apporter le réconfort de votre lumière. C’est la joie de pouvoir donner un soulagement à ceux qui ont mal, sans arrière-pensée, sans volonté de briller plus qu’autrui.

Le Paradis, c’est voir mille et mille couleurs de plus que dans l’incarnation. Mille et mille milliards d’autres choses, plus variées et vivantes. Le paradis, c’est ne pas avoir d’addiction. C’est savoir la vérité de Tout. C’est pouvoir être Amour, et donc une part prépondérante de Dieu. Le paradis, c’est pouvoir se sentir digne, un beau jour, de se hisser tout en haut, pour obtenir un baiser du Père. En plus de ceux qu’il dispense si généreusement à d’autres moments, alors même que cela l’oblige à descendre vers vous. Le paradis, c’est savoir l’incommensurable, l’ineffable, l’indescriptible bonheur qu’il y a, justement, à recevoir le baiser du Père. De savoir que c’est une merveille absolue, et que celui qui Aime peut la recevoir et la transmettre encore et encore. Le paradis, c’est un monde qui est mille mondes, c’est un monde qui n’a pas peur du néant, c’est un monde qui fait gagner l’amour. Le paradis, c’est le vrai réconfort de maman aimante quand vous aviez peur la nuit. C’est la joie de s’endormir sans aucune crainte, et avec la certitude de faire de beaux rêves, et même, de pouvoir, à volonté, faire la suite d’un beau rêve déjà commencé. C’est un rêve sans limite, que vous pouvez faire devenir réalité, lorsqu’il ne concerne que vous, et que vous pouvez aider à réaliser, si vous le faites en commun avec d’autres, incarnés ou non. Le paradis, c’est un monde où il n’y a pas un milligramme d’ennui. C’est un monde où l’on sait qui vous êtes, où l’on vous aime pour ça, et pour ce que vous savez faire, pour ce que vous donnez. Un monde où il n’est pas possible de mentir, de tricher, un endroit où être vous est un bonheur, où l’orgueil n’a pas cours, mais juste la lumière.

Alors, le trouvez-vous plausible, mon paradis, dont je n’ai fait là que commencer à parler, d’une façon très minimaliste ? Ou préférez-vous vous accrocher à votre vision de l’enfer que vous connaissez, à peine amélioré, c'est-à-dire, un enfer ou tout le monde serait riche ?

A vous de choisir. Mais vous savez, quand on arrive en haut, il n’y a pas photo. Jamais.

Marie

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Anne Sophie réagit :

Pas d’addiction, oui, sauf à l’amour ?

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La réponse de Marie

Bonne question, sauf qu’une addiction implique une peur d’être en manque, or, au ciel, une fois que tu es montée vers le Père, tu es pour tout le reste de ta présence près de Lui (et près de Lui, c’est très très vaste), entourée d’amour, et tu ne peux donc pas en manquer. Il y a addiction à l’amour, en revanche, pour ceux qui sont montés jusqu’au Père, mais qui se sont rendu compte qu’ils ne sont pas encore dignes d’y rester, et qu’il faut se réincarner pour monter à nouveau, et s’appeler soi-même Saint/ange. Donc digne de rester. Il y a addiction et manque pour celui ou celle qui voit enfin ce qu’est l’amour, en touchant le Père, et qui réalise tout ce qu’il lui manque pour simplement lui tenir la main. Parce qu’il ou elle a fait des actes bas pendant sa vie incarnée.

Le baiser du Père. Il faut que je vous en donne aussi une toute petite idée. C’est mourir jusque dans son J’aime et renaître de suite, débarrassé de ses peines, pour l’éternité, grâce à quelqu'un qui vous aime tellement qu’il trouve en lui la force incommensurable qu’il faut pour vous arracher les souffrances auxquelles vous tenez tant. Le baiser du Père, c’est un peu comme le tout début de cette irréductible et irrépressible flamme qui vous pousse dans le cœur lorsque vous tombez amoureux, et que vous êtes soudain certain de la réciprocité de votre sentiment, et du fait que rien ne s’opposera à l’union qui en découlera. C’est le recommencement, la réparation, la paix, la joie, la prise de conscience totale. Voici là, exprimé, un morceau de la béatitude que donne le baiser du Père.

Marie

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