En-tendre

Vous avez une peine ? Vous voudriez qu’on vous aide ? Pour cela, il faudrait qu’on vous entende. Il faudrait aussi que vous parliez. Mais que vous parliez du fond de votre vérité, et non avec ce masque qui vous empêche de vous voir tel que vous êtes.

Pour être entendu, il faut trouver quelqu’un qui puisse vous en-tendre. En deux mots. En Dieux mots. Vous écouter avec tendresse. N’êtes-vous pas mieux guéri par celui ou celle qui vous écoute tendrement, comme votre mère, votre père, votre amoureux(se), votre meilleur ami, que par le médecin, pourtant le plus chevronné ?

Oui, mais alors, si nous guérissons mieux avec ceux qui peuvent nous en-tendre, pourquoi faut-il le secours d’un psy, c’est-à-dire un étranger, une personne neutre, pour arriver à dire ses souffrances assez bien pour en guérir ?

Parce que face à vos souffrances cachées, vous êtes dans le jugement, vous vous préjugez mal, vous vous condamnez par avance, même, lorsque vous êtes confrontés à l’idée d’en parler à vos proches. Parce qu’ils vous connaissent, vous pensez qu’ils vous jugent comme vous le faites pour vous-même. Alors, vous vous jugez plus durement encore, pour vous mettre en situation de pouvoir imaginairement répondre à vos proches, et à vos/leurs reproches.

En résumé, vous n’arrivez pas à parler de vos souffrances à un ami par peur d’être ridicule à ses yeux, et plus encore aux vôtres. Ridicule de vous laisser aller. Ridicule de vous être mis dans une mauvaise situation. Ridicule d’avoir accepté tout ce que vous avez accepté à tort. Tout simplement, ridicule d’être nu.

Pour vous laisser en-tendre, il faut que vous cessiez de vous préjuger. Il faut que vous appeliez cette en-tendresse. Pas seulement de vos proches, mais de tout le monde. Et il vous faudra ensuite l’accepter, cette en-tendresse, la prendre pour vous, en entier, et ce n’est pas si aisé qu’on le pense. Parce que cela voudra dire qu’ensuite, il faudra vraiment guérir. Vivre sans les souffrances qui jusqu’alors, vous rendaient intéressants pour autrui. Devenir intéressants sans souffrance. Savez-vous seulement que vous en êtes capables ?

En en prenant petit à petit conscience, vous pourrez, après vous être fait « en-tendre », en arriver à l’étape supérieure : « é-couter » ceux qui souffrent. C'est-à-dire leur ôter ce qui leur coûte. Leur montrer comment faire, et ensuite, comment se laisser faire par eux-mêmes.

Mais pour cela, il vous faudra beaucoup de tendresse. Une tendresse de papa ou de maman.

Comme celle que j’ai pour vous en écrivant cela.

Jésus

Table des messanges