Donner sa douceur

Vous avez en vous de tels trésors de douceur ! Savez-vous seulement la vivre ?

Il faut avant tout en prendre connaissance, et le ressentir en soi, puis le vivre. Tout simplement.

Puis, comme on voit les bienfaits en soi, on le donne en dehors de soi.

Ensuite, ce qui est dur, c'est que les gens piétinent cette douceur, parfois. Et on se dit qu'on ne va pas plus la donner.

Parce qu'on en a vu la valeur. Et qu'on se dit que les autres ne la voient pas, et ne se rendent pas compte !

Et on se renferme, et on ne la donne plus. Surtout plus à soi.

Mais c'est un flux, qui ne peut fonctionner que si on (se) le donne. Il tourbillonne en soi, et il va vers autrui.

Si on le laisse tarir, c'est se trahir.

Peu importe ce que les autres en font. L’important est que la douceur de l'amour circule. Parce qu'alors, elle finit toujours par nous revenir, surprenante, embellie, et on comprend qu'elle est en nous, et qu'on ne peut que l'accepter.

« Le monde meurt par manque d'imprudence », disait Brel, mais il meurt aussi par inertie de la douceur.

Pourquoi l'attendre d'autrui, puisque l'important est d'initier le mouvement ? Et comment l'attendre d'autrui, si on ne sait même pas la voir en soi, alors qu'on a pourtant conscience de déjà la rechercher ?

Jésus

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Réponse d’Anne-Sophie

Il est vrai que certaines fois où on a piétiné ma douceur, ou ma lumière, ça revient au même pour la dureté, j'ai pensé ne plus en donner. Seulement ça, ça ne marche pas très bien. Ce n'est pas si facile à garder seulement pour soi en fait. Et il y a toujours quelque part quelqu'un qui sait, d'une façon ou d'une autre, prendre la lumière qu'on envoie. Alors on s'aperçoit que ça vaut le coup. Et quand ça revient, on se rend compte que ça vaut vraiment le coup !

Ceci dit, ce qui est vrai également, c'est qu'à ceux qui ont piétiné ma lumière, je n'ai effectivement plus aucune envie d'en envoyer.

Pardonner oui, mais ça ne rend pas amnésique (parfois j'aimerais bien), alors je préfère changer de direction et envoyer ailleurs.

Du coup, je me demande si j'ai vraiment complètement pardonné.

Parce que même si ce que les autres font de ma douceur importe peu, se prendre un caillou est moyennement agréable, donc dans certains cas, je préfère fermer ma porte. Je veux bien pardonner pour les cailloux reçus, mais risquer délibérément d'en prendre d'autres, ben, non merci.

Alors finalement, est-ce que la porte est poreuse à la lumière, mais pas aux cailloux ? Est-ce que je peux envoyer de la lumière à quelqu'un qui m'a blessée et que j'ai pardonné, mais avec qui je refuserai tout contact pour ne pas être blessée à nouveau ? Dans le fait de refuser tout contact, où s'arrête le non-masochisme, et où commence la peur ?

Et comment faire avec les personnes avec qui on ne peut pas éviter les contacts ? Je mets mon armure en arrivant et je l'enlève en partant ?

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Comme tu le dis si bien, c’est difficile à garder pour soi seulement... Comme pour le Père, qui, lorsqu’il est né, ne pouvait garder tout cet amour pour lui seul. Cela veut dire que c’est en toi. Et que c’est très agréable de laisser sortir ce qui est en soi, et qui fait le Bien ? N’est-ce pas ?

Pour ceux qui t’ont blessé, ce n’est pas que tu ne les pas complètement pardonnés, c’est qu’eux ne t’ont pas demandé pardon. Nuance… Donc, le pardon n’étant pas équilibré, c’est un sentiment incomplet, mais bien meilleur que de conserver des rancœurs. Et au ciel, ou avant d’y arriver, tu récolteras les fruits de cette douceur et de cet amour que tu donnes sans espoir de retour. Et oui, tu peux, bien évidemment, refuser le contact, si le pardon n’est pas mutuel. Et continuer à envoyer ta douceur dans le silence. Cette douceur emplira ton propre silence, bien mieux que de tumultueuses pensées. Et nul doute que ceux qui t’ont blessée, et qui ne l’ont pas encore compris, reçoivent, dans leurs âmes, toute cette douceur. Même si dans leurs incarnations, ils persistent à être très en colère. S’il faut attendre le ciel pour que tout s’aplanisse, cela paraît long. Mais tu peux avoir la certitude que ceux qui te heurtent répareront.

Pour ceux avec qui tu ne peux pas éviter le contact. Ne mets pas d’armure, car tu leur donneras envie de frapper. Sois toi-même, peu importe qu’ils te comprennent, t’aiment ou pas. Si tu es amour en face d’eux, ils finiront bien par se demander s’ils n’ont pas cela en eux aussi.

Dis-leur que tu les aimes, directement ou par des mots détournés quand ils se fâchent. Et pour arriver à le penser, dis-le à leurs âmes. Car tu sais que malgré tout ce qu’on pourra te répondre, l’âme de l’autre personne t’entend. Et qu’à l’heure du bilan, tu recevras de sa part, en réponse, tout l’amour bloqué par sa conscience.

Jésus

Table des messanges