Dieu est un orgasme

Qui, des femmes ou des hommes, se regarde le plus dans le miroir ? A priori, c’est facile à dire, quoique avec un peu d’observation, on se rendrait compte que le miroir, pour l’homme, est aussi important et différent, et qu’il l’apprécie surtout quand il est déformant. Les femmes sont plus critiques avec elles-mêmes, parce qu’elles ont peur d’être jugées, et d’abord par elles-mêmes. Elles sont donc plus exigeantes, plus terre à terre sur ce point, et cherchent le miroir parfait, pour essayer d’atteindre la perfection en se voyant dedans. Mais il n’y a pas de juge plus impitoyable qu’une femme face à elle-même, et elle ne cesse de se croire imparfaite. La société de consommation l’a bien compris, qui lui a donné mille artifices, cent mille moyens de changer ceci ou cela, et surtout, le moyen, par la télévision, les affiches, la publicité, de chercher à s’identifier à des modèles. Sont-elles bêtes, en faisant cela ! Quand l’idée leur prendra de changer le monde comme il faut, elles corrigeront cela en premier.

Je vous le demande : faut-il être quelqu’un d’autre pour plaire ? Mesdames, avez-vous si peu d’amour en vous, pour vous, si peu de considération, même, que vous refusiez d’être vous-mêmes ? Tout en criant, d’ailleurs, sur les toits, que vous voulez être aimées pour ce que vous êtes. Mais le savez-vous, déjà, ce que vous êtes ? Ou connaissez-vous seulement votre masque, et ce que les autres perçoivent de vous ? Avez-vous réellement aimé, une fois, vous regarder dans le miroir sans vouloir y changer ceci ou cela ? Oui, peut-être, quand vous étiez enfant, et en tous cas, quand vous n’étiez pas encore entrée dans la grande compétition. Bien sûr, vous faites vos griffes de la séduction sur papa, mais ce n’est qu’une répétition, pour le faire mieux, plus tard, et le plus longtemps possible. Je me demande (saurez-vous me répondre ?) si vous vous êtes déjà imaginée qu’en vous aimant vous-même pour ce que vous êtes, vous seriez belle toute votre vie, parce que vous souririez intérieurement aussi, et que cela ferait de vous une ravissante jeune fille, une très jolie maman, et une délicieuse grand-mère ? Croyez-vous que les hommes ne vous aimaient pas, dans les temps préhistoriques, alors que les cosmétiques n’existaient pas ? Bien sûr, vous vous mettiez des peintures, mais cela avait plutôt un sens rituel et/ou religieux que de séduction. C’était pour être acceptée par la masse. Maintenant, votre souci n’est-il pas, plutôt, d’être acceptée par vous que par la masse ?

La femme a ceci de différent de l’homme que, pour son apparence, elle a la crainte quasi permanente d’être imparfaite. Pour l’homme, c’est une crainte qui existe, mais qui se rapporte davantage à son potentiel sexuel, et à sa force. D’où sa volonté de régner en petit chef désastreux lorsqu’il doute de lui. Face à la violence possible, ou pour se l’éviter, on est violent en premier. C’est le cas des hommes petits, ou laids à leurs propres yeux, qui accèdent au pouvoir, comme Napoléon, ou Hitler pour parler des plus « éminents », et qui compensent le peu d’estime qu’ils ont pour soi en un culte de la personnalité, qui cherchent à faire régner l’ordre par la force, en mettant sous le tapis la poussière que c’est de se dire que la violence engendre la violence.

La femme est imparfaite. Oui. Et alors ? Qu’est-ce qui est parfait sur la terre, hormis un coucher de soleil ? Hormis un iceberg que personne ne verra, et qui ne peut avoir peur de se juger ? Qu’est-ce qui est parfait ? La meilleure mousse au chocolat de votre vie ? Pas du tout, vous pouvez toujours vous dire que quelque part, ailleurs, sur la terre, quelqu’un en a fait une encore meilleure. Et que vous ne pourrez jamais comparer ! Quelle angoisse !

Si vous cessiez de laisser l’angoisse vous gagner, si vous l’arrêtiez quand d’autres la montent en mayonnaise, ne vivriez-vous pas un peu plus en paix ? Sans vous demander s’il y a une meilleure mousse au chocolat, dans le monde, que la vôtre ? Ou que celle que vous avez goûtée chez Mamie dans votre enfance ?

La femme, dans sa terreur de ne pas être celle qu’elle veut, qui est en réalité celle qu’on voudrait, devient une autre. Et se refuse des petits et des grands plaisirs. Auxquels, pourtant, elle a droit !

La femme, qui s’est récemment libérée, cherche à se débarrasser de ce complexe, et pour y parvenir, tente de poser ce lourd manteau sur les épaules des hommes. Comment ? En minaudant, en se refusant, en se donnant un prix, en se mettant à vendre et en trichant, en mettant l’homme en mauvaise posture, comme elles l’ont été avant, ou plutôt, comme leurs mères et leurs ancêtres l’ont été. Ainsi, en mettant l’homme en situation de douter de ses capacités à séduire, elle le met sur un pied d’égalité avec elle. Et on voit, donc, beaucoup d’hommes qui se maquillent, se soignent particulièrement, pour aller dans le sens du poil du nouveau modus vivendi. Et cela ravit les medias, qui disent, « regardez comme ils sont modernes, comme ils nous écoutent, comme ils font bien tout comme on leur dit ! »

Mais une femme qui vit avec un homme qui fait tout bien comme on lui dit s’ennuie. Non pas qu’elle ait besoin de claques, d’être rabaissée, grand Dieu, non, mais simplement, elle a besoin de sentir que son homme est fort. Parce que la femme, étant donné qu’elle se sent imparfaite, a besoin de sécurité. Et qui peut la lui donner ? Elle ne croit pas, elle n’arrive pas à croire que ce soit elle-même, non. Il faut qu’elle cherche ailleurs la confiance qu’elle n’a pas pour elle, il faut, comme pour les animaux, que le mâle parade, pour convaincre et séduire. Mais ceux qui paradent, mes chéries, ne voyez-vous pas que ce sont les machos survivants ? Ceux-là même contre qui vous vous défendez dans vos mots avec la dernière énergie, et dans les bras de qui, pourtant, vous tombez comme des fruits trop mûrs. Toutes ces contradictions, qui s’emmêlent et vous mènent à des aberrations, à des non-sens, à des contresens de ce que vous êtes, devraient être mises au jour, pour que vous en soyez enfin débarrassés, tous, hommes et femmes. Y a-t-il un protocole, lorsque dans votre tête, vous pensez à une personne, et que vous voyez bien que vous l’aimez ? Non. Alors, quel est donc ce protocole qui fera que vous direz « non » alors que vous pensez « oui » ? Qu’est-ce qui réduit à de la poudre aux yeux le désir pur et vrai qui est en vous, qu’est-ce qui vous fait le manquer, même quand vous êtes en couple ?

La peur, la crainte perpétuelle de ne pas être à la hauteur. A la hauteur de quoi ? Du mètre soixante-dix ou quatre-vingts des top-modèles ? Faut-il vous faire étirer le cou, comme certaines femmes africaines ? Qu’est-ce qui empêchera un homme vraiment épris de vous de vous trouver absolument craquante, même au réveil, les cheveux défaits, et sans maquillage ? Juste parce que vous êtes vous. Et parce que, peut-être, vous l’avez accepté et vous en souriez ?

Il faut souffrir pour être belle, dit-on. Eh bien moi, je dis qu’avoir souffert pour être belle, quand c’est de l’artifice, mène inévitablement à se rendre compte, à un moment ou à un autre, qu’il faut être belle pour souffrir. En ce sens qu’en ayant été belle, un jour, on ne l’est plus. Et que plus rien de mécanique n’est d’un quelconque secours. Et on voit ces femmes qui ne s’aiment pas, qui, toute leur vie se sont battues pour ne pas être résignées face au regard des hommes, et qui, l’âge venant, sont résignées face à leur propre regard. Vaincues.

Les femmes ont de quoi s’aimer, et c’est cela qui est parfait en elles, et qui n’a pas besoin de combat, juste de l’évidence.

Sexuellement, la femme, se voyant imparfaite, refuse souvent l’homme dans son cœur (passés les débuts, même s’ils dorment et font l’amour ensemble, ce n’est pas souvent une nuit de cœur) parce qu’elle a peur de ne pas être parfaite. Pendant ce temps, l’homme, lui, a peur de ne pas « assurer ». Mettez ces deux-là ensemble sur le plus beau matelas du monde, dans une île paradisiaque, et vous verrez. Ce sera très décevant.

Le paradis n’est pas une chose. Le paradis n’est pas un lieu. Le paradis est immatériel par excellence, parce qu’il est en vous. Si vous voyiez cela, vous pourriez l’apporter jusque dans la matière !

Et les hommes ? Que leur arrive-t-il ? me demanderez-vous si vous êtes curieuses (et Dieu merci, les femmes sont curieuses). Les hommes, mes chères amours, ne voient pas qu’ils cherchent quelque chose qui se passe bien au-delà du sexe. A vous de leur ouvrir les yeux. Sur le fait que lorsqu’ils vous font l’amour, ce n’est pas seulement la jouissance qui compte, et la satisfaction physique. Quoi qu’en disent les magazines, les hommes ne sont jamais aussi satisfaits, entièrement, que lorsqu’ils prennent et donnent, que lorsque dans un cri de plaisir de leur amante, ils ont un nouveau monde dans les yeux, et que ce cri va plus loin que dans le corps de la femme. La femme a ceci de magique que son orgasme véritable est une façon de mourir et de renaître. Et que l’homme, quand il y assiste, quand il en a été l’artisan, ressent au fond de lui des merveilles qu’il n’aurait jamais pu imaginer. Et cela, mille top-modèles dans son lit ne pourront jamais le lui donner, car il faut un grand amour. Il voit sa part de Dieu et la vôtre, sans s’en rendre compte, parce qu’il ne sait pas que c’est Dieu, mais il en est profondément et définitivement marqué, et dès lors qu’il aura vécu cela, il n’aura de cesse de le rechercher encore. Et, contrairement aux drogues, qui ne font planer qu’une fois, il pourra retrouver ce bonheur-là, pour peu que ce soit dans l’amour, que la femme n’ait plus peur d’être imparfaite, et que l’homme n’ait plus l’angoisse de ne pas assurer. Dieu est un Orgasme Géant. Et infini. Je sais que si je dis cela, cette pauvre Eglise qui ne sait pas, qui ne sait rien, qui n’a rien compris, voudra me tomber dessus à bras raccourcis. Mais je m’en moque, je le dis. Dieu est un orgasme vrai, exponentiel, et infini.

Marie

-----------

Nouveau messange sur le même thème.:

Oui, Dieu est un orgasme, et, sachant cela, et connaissant la qualité toujours plus surprenante, subjuguante, de cet orgasme immense, il n'y a rien de surprenant à vouloir jouir de Lui. C'est faire le contraire, refuser cela, qui est un gâchis terrible. Quand ils disent avec raison : " Dieu est amour", pour qui se prennent ceux qui, dans le même temps, clament et inscrivent dans le marbre que cet amour n'est pas aussi celui qu'on peut connaitre dans un corps ? Qui serait ce Dieu stupide, qui donnerait de quoi le ressentir, mais interdirait qu'on s'en serve ? Vous naissez avec un corps qui vous donne accès au plaisir. c'est pour avoir la force d'affronter le non amour, en y opposant le vôtre. Vous naissez également avec un esprit, dont l'immatérialité n’empêche aucunement de vous en servir pour ressentir aussi l'amour spirituel de Dieu, qui vient de vous, comme il vient d'autrui, et de la terre comme du ciel. Toute forme d'Amour appartient à Dieu. Et donc, à vous. Faites-en bon usage.

Marie

-----------

Une question d'Imane sur le même thème

Bonjour.

Je viens de lire ton « messange » sur dieu est un orgasme. Mais qu'est ce que ça veux dire quand une femme n'arrive pas à etreindre l'orgasme ?

Merci.

Imane

----------

Imane, quand une femme normalement constituée n'arrive pas à atteindre (et non pas étreindre, ça ne veut pas dire la même chose mais c'est joli et c'est un lapsus révélateur) l'orgasme, c'est, si c’est elle qui tente d’y parvenir toute seul sans y parvenir, parce qu’elle ne s’y autorise pas, pour les raisons qu’on va voir dans quelques lignes. Si c’est avec un ou une partenaire, c’est soit qu'elle n'a pas celui ou celle qui sache l'y amener, soit parce que, malgré un ou une partenaire qui saurait l'y amener, elle s'y refuse. Elle se punit, parce que, par exemple, on lui a dit qu'elle n'était bonne à rien, donc, pas bonne à donner du plaisir, pas bonne non plus à en prendre. Plus ces choses sont ancrées en elle, plus on peut se dire que cela vient de tôt dans la vie. Alors, ce n’est pas, pour autant, une malédiction. Quand une femme qui a été ainsi niée, déconstruite dans ce qu’elle est, jusque dans sa féminité, commence à comprendre qu’au contraire de ce qu’on lui a inculqué, elle n’a aucune raison de ne pas s’aimer, et que même, elle a toutes les raisons d’y parvenir, alors, elle s’ouvre.

Chez les garçons, le phénomène est en polarité inverse, dans bien des cas. Le garçon qui a été déconstruit dans son enfance en tant que mâle jouit beaucoup trop vite. C’est ce qu’on appelle l’éjaculation précoce. Ce phénomène a lieu chez un très grand nombre de jeunes hommes, parce que pour pouvoir obtenir les faveurs d’une jeune fille, il est passé par un désir assez violent pour casser sa timidité et le pousser à se déclarer en tant que conquérant. Conjugué au fait que pour un garçon qui n’a pas d’expérience, les sensations physiques sont tout à fait extraordinaires et nouvelles lors d’un acte sexuel, la libération et l’expression de ce désir fou, qui brise toutes les barrières font que la libération est trop rapide. Elle peut avoir lieu en une seconde !

Si, ensuite, avec un garçon qui n’a pas été déconstruit, le jeune couple refait l’amour sans cette conjugaison de stress, les choses ont tendance à s’améliorer de ce côté pour le garçon, jusqu’à ce qu’elles se stabilisent avec l’expérience. Mais cela peut se régler beaucoup plus vite si le garçon comprend précocement que la virilité, c’est donner du plaisir à une femme. Dans ce cas, il se rend compte que jouir en quelques secondes n’a aucune chance de satisfaire la jeune femme. Et que sa satisfaction à lui ne sera qu’épidermique, il sera très frustré en profondeur, sans comprendre pourquoi ni se l’être avoué.

Quand le garçon en question ne s’aime pas parce qu’il a été déconstruit, la guérison peut être bien plus longue et même ne pas venir, s’il ne parvient pas à s’aimer. Ce qui est malheureusement le cas assez souvent, car ne pas arriver à donner du plaisir à une femme empêche le garçon de s’estimer. Il faut donc qu’il apprenne à s’aimer pour ce qu'il est, et non parce qu’il est ou non aimé par autrui, pour qu’il accepte de vivre son plaisir comme il se doit, c'est-à-dire non pas dans la précipitation mais dans tout le temps qu’il faut pour apprécier les échanges amoureux réciproques.

Une femme n’arrivera pas à la même forme d’orgasme avec un homme qu’elle aime qu’avec un partenaire «technique », même très expérimenté.

Les femmes ont en tout cas un avantage sur l’homme dans ce domaine. Beaucoup d’entres elles peuvent avoir plusieurs orgasmes à la file, alors qu’un homme, à moins d’être un tout jeune étalon, se limite à un, parce que quand l’homme jouit, il libère une substance qui l’endort. Alors que la femme, dans la plupart des cas, se réveille, au contraire ! D’où sa déception quand elle voit l’homme s’endormir juste après qu’il ait jouit. Et le fait qu’elle s’imagine alors que l’homme ne l’aime pas, puisqu’il n’est pas capable de se dépasser pour faire plus que cela. Puisqu’il ne semble plus à l’unisson avec elle. Et d’où l’incapacité dans laquelle est l’homme d’expliquer pourquoi il s’endort, et la culpabilité injustifiée qui en résulte.

L’art suprême de l’homme viril, dans ce cas, art qui s’acquiert avec de la jugeote et beaucoup d’amour et de recherches de sensation en soi et en l’autre, c’est de tout faire pour ne pas jouir tout en faisant jouir la femme autant qu’elle le peut. Et de se libérer seulement au dernier moment.

Il est des femmes qui ne peuvent pas jouir plusieurs fois à la file non plus, et qui, elles aussi, s’endorment juste après. Mais celles-là on aussi un avantage sur l’homme : leur orgasme dure beaucoup plus longtemps que le sien à lui, et que celui des femmes qui jouissent beaucoup de fois.

Alors, question, pourquoi le Père a-t-il fait la femme avec cet avantage ?

En premier lieu, le Père a initié la femme, mais c’est elle qui s’est construite comme elle le voulait et en toute liberté. Elle a vu ce qu’était le masculin en le Père et a conçu ce qu’il lui faudrait trouver dans son pendant pour que l’union soit parfaite.

Elle s’est donc offert ces avantages pour que l’homme, en la faisant jouir, se sente viril et réussi.

Pourquoi ?

Pour avoir la satisfaction pour elle-même aussi, d’avoir un homme parfait.

Marie, première femme, initiée par le Père et mystérieusement construite par elle-même.

Table des messanges