Croyez-vous que je me maquille au paradis ?

Eh bien non. Il m'est arrivé d'apparaître à Luc, pour rire, avec un rouge à lèvres très flashy. Avec un maquillage outrancier autour des yeux. Mais c'était pour qu'il voie que c'était décalé, ridicule, même, et que je n'en ai pas besoin, que vous n'en avez pas besoin pour être ce que vous êtes. Pourquoi vous faudrait-il un apport extérieur, un ajout quel qu'il soit, pour être digne d'un regard ? Pourquoi auriez-vous peur de vous montrer telles que vous êtes ? Pourquoi cela ne suffirait-il pas ? C'est parce que, mes filles, mes amours filles, vous ne vous aimez pas assez. Vous ne vous aimez pas assez parce qu'on vous a dit et redit que vous étiez inférieures. Aujourd'hui, vous vous vengez, c'est un retour des choses très banal. Mais la vengeance n'est pas plus agréable à vivre que la tristesse d'être écrasée sous des jugements négatifs. Un jour, vous le comprendrez, vous vous réveillerez, un matin, et vous vous direz : « Je suis comme je suis. Je n'ai pas à défendre cela. C'est seulement un fait. Pas de hargne, pas de dépit, un constat. Je n'ai pas à cacher ce que je suis, à le modifier parce que j'aurais moins d'amour sans cela. L'amour est en moi, qu'on vienne le chercher tel qu'il est, ou qu'on aille chercher ailleurs de plaisants mensonges. Pour vivre heureuse, ne vivons plus cachée ni masquée ! »

Marie

Table des messanges