Couper la parole

Dieu est dans la parole. Se taire quand on devrait parler (même sous prétexte que c’est devenu la mode de ne rien dire, en ces temps où trop de moyens de communication tuent la communication), cela revient à Lui couper la parole.

Et couper la parole à Dieu, ou se taire quand on devrait donner sa part de Dieu par ses mots, ses écrits, ses actes, (chacun de ces points rejoignant le miracle de le parole) c’est immanquablement se retrouver, au jour de passer dans l’autre monde, démuni des parts de Dieu autres que la sienne. Autrement dit, coupez la parole à Dieu, et il coupera la vôtre quand vous aurez besoin de lui dire votre Amour. Taisez-vous devant Dieu quand vous devriez parler, et il se taira quand vous lui parlerez.

Quel est le sens de mon « quand on devrait parler » vous demandez-vous peut-être ? Cela veut dire : quand Dieu vous parle, vous lui devez réponse, à moins que la conversation avec lui soit terminée, d’un commun accord. Comme lui estime qu’il vous doit réponse si vous lui parlez avec respect. Car Dieu (et je parle aussi bien de votre part de Dieu, donc votre âme, avec qui vous pouvez dialoguer, que des autres parts de Dieu, ou même de l’ensemble des parts de Dieu) vous parle toujours avec respect et amour, même si c’est pour vous dire que vous n’êtes pas sur le bon chemin.

Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ? Tout simplement que si une personne vous dit qu’elle vous aime, de quelque façon qu’elle le fasse, vous ne pouvez pas ne pas lui répondre. Vous pouvez lui dire que vous l’aimez aussi, que vous ne l’aimez pas, ou que c’est quelque chose qui vous laisse sans voix et sans réponse, mais vous ne pouvez pas faire silence.

Cela veut dire que si une personne tombe par terre devant vous et qu’elle vous demande votre main pour se relever, vous ne pouvez pas faire acte de silence (partir sans donner votre aide est un acte de silence), même si cette personne est votre ennemi. Pour la bonne et simple raison, entre autres, que si vous aidez votre ennemi, vous lui donnez une chance de se sentir redevable envers vous et de réparer ses torts par la suite.

Vous croyez qu’au paradis vous rencontrez ces silences que vous vous envoyez à la tête sur la terre, comme si c’était normal ? Mais on fait silence parce qu’on ne s’aime pas assez pour croire qu’on puisse être entendu. Compris. Au ciel, s’il existe, vous imaginez cela aussi ? Non ? Tant mieux. Alors, faites votre petit coin de paradis sur terre. Ne faites pas silence quand Dieu vous parle, que ce soit Dieu le Père, ou Dieu dans l’âme de votre prochain.

Le silence est une arme. Ne l’utilisez pas sans raison profonde, ou elle se retournera contre vous, au moment où vous aurez le plus besoin d’une réponse.

Les seuls moments où vous pouvez vous servir de cette arme du silence, c’est quand vous avez tout dit, quand vous avez donné toute votre part de Dieu, et qu’on l’a bafouée, ignorée, ou pire, quand on ne lui a opposé que du silence. Alors, cette arme-là sert à installer en vous votre paix, en attendant qu’on vous demande pardon.

Parfois, il faudra attendre jusqu’au temps où il faut monter au ciel. Mais la demande de pardon viendra toujours.

L’accorderez-vous ? Vous aurez le choix. Renvoyer le silence passé, en miroir (mais pour cela, il faut que la faute à pardonner ait été gravissime), et il est extrêmement rare que cette sanction soit permanente, éternelle. Ou faire réponse à l’âme qui vous aura parlé. Ne serait-ce que pour lui montrer l’exemple, et lui prouver que celui qui parle dans l’amour a toujours raison.

Table des messanges