Ce que devrait être une église-25 janvier 2012

Une église devrait être un havre de paix. Un monument de simplicité. Un lieu de joie, où l’on apprendrait à communiquer avec les anges, certes, mais aussi avec son âme, avec son « J’aime ». Un lieu où l’on conjuguerait ce travail si paisible et heureux qu’il deviendrait un loisir, avec la communication parlée, écrite, chantée, avec les autres personnes présentes. Un lieu où l’on découvrirait Dieu/l’Amour au Ciel, et en Soi, et dans les Autres. Au lieu de cela, à quoi ressemble une église ? Le plus souvent, c’est un bâtiment si travaillé qu’il en devient tape à l’œil. Alors que ce n’est pas le bâtiment qu’il faudrait travailler, mais l’amour en soi. Et de ce côté, il y a tellement de travail ! Les églises telles qu’elles sont ne sont pas simples ! Si hautes de plafond qu’on ne peut raisonnablement les chauffer en hiver, alors qu’il faut un intérieur chaleureux, pour que les gens soient joyeux de se rencontrer, de se réunir ! Mais si l’on ne peut y enlever son manteau, on n’y vient que de passage, pas pour installer son âme dans l’union, dans le partage. On échange et on rit moins bien en tremblant et en claquant des dents... Une église, aujourd’hui, n’est ouverte, bien souvent, que pour l’office ou pour les touristes qui viennent essayer leur dernier appareil photo. Flashant les apparences, et ne trouvant jamais l’occasion de voir autrement la lumière que sur un négatif. Un négatif qu’on développe, et qu’on laisse dans un tiroir. La place des anges, la place des âmes, votre place, en définitive, n’est pas dans un tiroir. Ces oubliettes qui ne disent pas leur nom.

Une église, ce devrait être une grande maison toute simple, où l’on pourrait exprimer tout, du plus simple au plus complexe. Un lieu où l’on pourrait facilement dépasser ses craintes d’être soi, de l’être tel quel devant les autres. Un lieu où l’on irait pour donner son Verbe, sa part de Dieu, donc, mais aussi, pour écouter celui des autres comme un ami, c'est-à-dire sans juger, et en cherchant le mot, le geste qu’il faut pour soulager les petites peines comme les grandes douleurs.

Une église n’est pas sainte si elle n’offre pas cette simple et logique bienvenue. Une église vraie devrait donner envie, lorsqu’on en sort, de continuer, chez soi ou parmi ceux qu’on côtoie, un échange tout aussi riche. Au lieu de cela, celle qui existe nous donne le sentiment d’avoir fait une B.A., et dès que l’on en sort, on oublie toutes les résolutions, toutes les bonnes idées qui ont pu nous effleurer pendant une messe. Jusqu’au dimanche suivant, où, pour gagner le paradis, on récitera bien comme il faut les mots qui font soi-disant plaisir à Jésus, mais qui, en vérité, l’assomment, parce qu’ils ne sont pas vos mots, parce qu’ils sont toujours les mêmes, et parce que lorsque vous lisez l’évangile, vous ne comprenez toujours pas que c’est l’Amour qu’il faut chercher dedans, au-delà de toute autre considération ou interprétation. Avez-vous réellement besoin que l’on vous explique l’amour ? Puisque vous savez ce que c’est, mettez-le en œuvre, vous apprendrez bien mieux et bien plus vite, et sans vous en rendre compte, vous enseignerez le vôtre à ceux qui, jusqu’au moment de vous voir l’exprimer, n’auront pas cru que c’était chose possible que de Verber sa lumière. Que de briller dans le noir.

Une église, ce devrait être un endroit tellement convivial ! Pas un chez Soi, un chez Nous. A tel point qu’on pourrait y partager un repas fait avec amour. Comment ? Sacrilège ? Mais dites-moi, vous n’avez pas les yeux en face des trous, pour penser cela. Puisque vous voulez vous attacher aux textes, et rien qu’aux textes, pour ne pas engendrer la colère de Dieu, lisez-les comme il faut ! Et faites ce qui est écrit dedans. L’eucharistie, qu’est-ce donc, sinon un repas ! « Prenez et mangez-en tous ! » N’y a-t-il pas le mot manger, là-dedans ? « Vous ferez cela en mémoire de moi » : Vous boirez et vous mangerez à ma santé ! Pourquoi est-ce seulement le prêtre qui boit, quand pourtant, j’ai changé l’eau en vin, pas pour le chef des lieux, mais pour tous ? N’ai-je pas dit cela au cours d’un repas ? Et pourquoi ne mangez-vous que ces petites hosties, quand vous savez si bien dresser un buffet pour une fête de famille ? Quand vous vous en réjouissez à l’avance, parce que vous sentez bien qu’un repas, c’est une communion. Si vous voulez vraiment réduire cela à ce minuscule et frugal toast (vous imaginez-vous recevoir vos amis et leur proposer un blini sans rien dessus, pour tout dîner ?), faites. Mais posez-vous la question : si c’est une communion, cette hostie, pourquoi est-ce seulement le prêtre, qui a le droit de la servir ? Une communion n’inclut-elle pas l’ensemble des personnes présentes ? Dans ce cas, pourquoi une personne présente ne pourrait-elle pas servir à son tour, donner, après avoir pris, et proposer ensuite à une autre personne de le faire aussi ? Et, dans le prolongement de cette réflexion, si la communion est donc bien un échange, pourquoi le prêtre serait-il le seul à avoir le pouvoir du Verbe, le seul à Parler ? Je me répète, j'ai bien dit : « Prenez, et mangez-en TOUS ». Vous êtes donc Tous dans la communion.

Parce que si vous n’êtes pas Dieu, comme on vous le répète et comme vous le ressassez en vous si vous êtes touché par ce qui concerne la religion, vous n’avez pas le droit de parler en Son nom. C’est logique. Mais le prêtre n’est pas plus Dieu que vous, même s’il cherche davantage à s’en approcher. Et il n’a donc pas non plus le droit de parler en Son nom. A fortiori, encore moins celui de monopoliser la parole.

Vous n’êtes pas Dieu, vous tout seul, non. Mais tous ensemble, vous ÊTES DIEU si vous êtes dans l’Amour.

Simplifiez les églises. Refusez d’aller dans celles qui vous empêchent d’être votre Verbe, car, en vérité, vous êtes part de Dieu, et vous avez, chacun, le droit de parler en le nom de votre part d’Amour. Si vous êtes déçu de ne pas trouver l’église qu’il vous faut pour aimer, créez-la chez vous, créez-la autrement. Dans votre accueillante maison, dans celle d’un ami, dans des écrits qui contiendront vos mots d’amour recevables par tous, la page ou le site Internet devenant alors bâtiment, monument, église véritable.

Et quand une personne frappera à votre porte, et que vous lui direz, en lui faisant signe d’entrer, « Je vous en prie », vous comprendrez soudain le sens du mot prière. « Je vous prie de partager avec moi ». Et cette prière-là, vous pouvez la faire, et vous pouvez l’exaucer pour autrui, ce sera tout simplement faire œuvre de Dieu.

Entrez dans l’amour comme dans une église. Et entrez dans l’église comme dans l’Amour. Vous aurez fait le pas qu’il faut.

Marie

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Remarque d’Anne-Sophie

Juste un truc : maintenant, un laïc (j'entends bien par là quelqu'un choisi dans l'assemblée et non un des servants de messe) peut aussi donner la communion (même si certains sont encore réfractaires à ça) dans une église. Pourquoi ? Mmh... Le gain de temps !

Anne-Sophie

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Oui, mais vous n'avez toujours pas le sens de la vraie liberté. Qui choisit la personne ? Pourquoi quelqu'un ne peut-il pas, sans choquer, s'avancer vers l'autel et dire qu'il veut donner la communion ? Pourquoi une personne ne peut-elle pas s'exprimer, à un moment de l'office où on ouvrirait la parole ? Il faudrait que ce moment-là, d'ailleurs, soit le plus important de l'office.

Le gain de temps. Vaut-il mieux, dans la vie, gagner du temps, ou prendre celui qu'il faut pour s'élever ? Une vie sert à s'élever spirituellement. Et à rien d'autre ! Tout temps « gagné » de cette façon est du temps perdu pour l'âme, c'est-à-dire pour le principal de ce que vous êtes, de ce que nous sommes. Encore faut-il l'accepter, le comprendre, et le vivre.

Sinon, on le comprend trop tard, une fois qu'on passe de vie à trépas. Alors, il faut recommencer, vivre une nouvelle vie, pour réparer cette regrettable bourde. Mais, c'est vrai, s'élever prend du temps ! Je te le dis, en vérité, cela prend une vie. Et, même, le plus souvent, plusieurs !

Marie

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