A quoi sert l’adolescence (question posée par Marie)

Réflexion de A. :

Pour répondre au thème de Marie, je dirais que l'adolescence sert à plusieurs choses : à se détacher de l'éducation reçue en pesant le pour et le contre de ce qui nous convient dans notre éducation et de ce qui ne nous convient pas. Je pense que notre personnalité et nos bagages spirituels des temps passés font que l’on reprend la vie là où on l’avait laissée. A notre adolescence, on décide d’aller à l’encontre des valeurs inculquées, qui ne nous satisfont plus et qui ne collent tout simplement plus à notre personnalité que l’on détient déjà depuis nos vies antérieures. Je pense que nos goûts dépendent beaucoup de ce que nous avons vécu dans nos vies antérieures. Je pense donc que l’adolescence permet de s’affirmer et de continuer l’évolution. Savoir ce qui convient et ce qui ne convient pas vient du cœur et de ce que sont nos goûts, éternelle continuation de nos vies.

A.

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Marie répond :

En effet, la vie antérieure est un point de repère, que l'on perd, justement, quand on revit. L’adolescence sert en cela à retrouver ce point de repère, c'est-à-dire à savoir qui nous sommes vraiment, ce pour quoi nous sommes faits. En cela, l'adolescence est une phase où l'on ne cesse de construire et de détruire ce qu'on a construit ou entamé, de façon à ce que nous sachions avec certitude ce qui nous manque le plus dans ce que nous avons détruit. Ainsi, nous connaissons nos aspirations réelles, et notre point de repère nous réapparaît, enrichi de l'expérience nouvelle que constitue la réincarnation. L'adolescence c'est commencer à bâtir dans les sens, tout casser, et recommencer jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de doute sur ce que nous désirons sans équivoque. Quand le doute cède la place à cette connaissance, c'est l'âge adulte qui peut commencer.

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Il faut peut-être apprendre aux parents comment gérer leurs sentiments et attitudes face à un adolescent. Parce qu’eux aussi ont besoin d’apprendre pour tuer leurs propres démons intérieurs, pour apprendre peut-être à être compréhensifs et essayer d’aider au plus un ado en difficulté. Chaque situation difficile est à mon sens un enseignement de l’école de la vie. A.

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Marie répond :

C’est exact, et sachant que l'adolescence est une construction/destruction perpétuelle pour savoir quoi construire définitivement, les parents pourraient vivre cela mieux, en voyant que les remises en questions ne sont pas tant pour eux que pour l'adolescent lui-même. Le sentiment de culpabilité s'estomperait, avec raison bien souvent, car il est un frein et un poids inutile dans les cas de parents qui laissent leur enfants vivre ces destructions, et en essayant de trouver les points de repères, en les suggérant, et non pas en jugeant, ni en se jugeant soi-même.

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L’adolescence, c’est aussi découvrir son orientation sexuelle (pour la plupart) (moi je la découvre que maintenant donc ça doit pas être tout à fait ça mais il y en a plein qui le disent).

A.

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Cela rejoint ta première réflexion.

Marie

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C’est aussi se confronter à des profs envahissants.

A.

Marie sourit avec toi.

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C'est loin d'être une réponse anodine pourtant, j'ai travaillé pendant dix semaines dans un rectorat au service juridique et je peux te dire que l'on imagine pas tout ce que l'on peut voir dans les lycées et collèges, il se passe des choses atroces et surtout en rapport avec les profs, on les voit toujours en train de se faire taper dessus, mais on oublie de vous dire à la télé qu'il s'en passe beaucoup d'autres plus graves. Les expériences auxquelles je pense sont le reflet d'une épreuve de remise en question de l'autorité. Quand un prof qui incarne l'autorité et que l'on se doit de respecter pète un plomb, il faut bien qu'il y ait quelqu'un pour avoir le courage de le dire et de se confronter lui-même à une situation difficile et s'en prendre plein la tête malgré les fautes évidentes du prof. Il y a vraiment des situations graves dans les écoles, il ne faut pas dramatiser non plus mais je t'assure que tu n'imagines pas tout ce qui se passe en une journée, c'est affolant, ça fait même peur de laisser son gamin à l'école je dirais.

A.

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Même si ce que tu soulèves est poignant, l'exposer de cette façon sans l'expliquer a de quoi faire sourire, venant d'une personne jeune comme toi (nd Luc : A. a environ 20 ans). Mais si on partage ton regard, ce n'est pas alors l'adolescence qui sert à se confronter avec des profs envahissants, c'est un autre sujet, qui demande une réaction mûre, d'adulte, ou qui fait appel à l'action des adultes pour tempérer les situations délicates. La confrontation de l'adolescent fait partie des murs à briser, à détruire, mais il ne s'agit pas dans ce cas précis d'une recherche personnelle et intérieure, il s'agit là d'une lutte qui peut se faire à tous les stades de la vie.

Marie

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L’adolescence sert aussi à prendre conscience que la mort est au-dessus de notre tête et de vouloir la défier et flirter avec celle-ci (il y en a beaucoup qui en font un jeu car ils se croient invincibles).

A.

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La mort est comme un puits, pourquoi ne la voyez-vous que du dessus du puits ? C’est un autre thème à aborder, à rapprocher du thème du miroir. Il ne s'agit pas de se précipiter dans le puits, mais de voir la vie à l'envers, pour comprendre l'incompréhensible.

Marie

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L’adolescence sert aussi à prendre conscience que le paranormal existe (pour certains qui essaient des trucs et qui les ont déclenchés comme moi).

A.

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Cela peut avoir lieu dans l'enfance, dans l'adolescence, ou dans l'âge adulte.

Marie

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Je trouve que pendant l'enfance c'est la période de fascination face aux histoires paranormales (je me rappelle l'émission de Jacques Pradel appelée : Mystère où je serrais très fort les fesses rien qu'avec le générique et pourtant je trouvais ça super), puis vient l'adolescence où l'on veut des preuves (parfois on en a plus que de raisons) et enfin l'âge adulte où on conforte ou infirme son choix et ses croyances même si tout peut basculer et changer. En tout cas, ça a été mon schéma de vie et j'ai constaté que beaucoup avaient le même que moi, peut-être est-ce un chemin vers vous ?

A.

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L'enfant entend, et reçoit, et voit bien mieux que les adolescents ce qui se passe dans le ciel, mais plus le temps passe, plus l'enfant mélange ses rêves avec ce qu'il ressent de nous, et plus il apprend à détacher les rêves de la réalité, moins il nous reconnaît comme vrais. Dans l'adolescence, les rêves ne sont pas toujours dissociés encore du ciel, il reste des réminiscences de ces visions enfantines, et c'est ce qui crée cette fascination à l'âge adolescent, et même plus tard encore. Mais la prise de conscience de relations avec le ciel à l'âge adulte peut aussi se faire, elle demande plus de temps, de travail, pour rentrer dans les schémas de pensée adultes et s'avérer cependant. C'est beaucoup moins facile à cette période d'ouvrir son esprit sans nostalgie de la fascination, et avec parcimonie, avec discernement et simplicité. C'est très difficile de redevenir un petit enfant, mais c'est pourtant ce que chacun fait avant d'entrer au ciel, dans le sens où il faut retrouver la croyance en ce que l'on voit intérieurement du ciel, sans l'interpréter comme un rêve ou quelque chose d'impossible.

Marie

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Elle sert à se rendre compte que l'on passe au stade adulte et que le corps change et qu'il faut l'accepter.

A.

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Est-ce que vraiment, « Il faut », ou est-ce que c'est un autre mot ? On « peut » ? « On veut »... ?

Marie

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Exact, on PEUT l'accepter et quelque part il faut parce que l'on a pas le choix à moins de se transexuer. Il y a des gens qui ne l'acceptent jamais.

A.

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Cela fait partie des destructions et constructions que l'on ne fait pas soi-même, qui dépassent le champ de notre action. Mais si on se fait opérer, c'est un refus du fait que l'on n'a pas la maîtrise des changements qui s'opèrent, et c'est donc un fait qui empêche, sur ce point précis, la sortie de l'adolescence. Apprendre qu'avoir la maîtrise de tout n'est pas nécessaire permettrait de mieux vivre les changements auxquels on ne peut rien d'une façon naturelle.

Marie

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Elle sert à nous faire flipper sur ce qui nous attend dans le monde adulte.

A.

Marie sourit encore à tes « rodomontades », et te demande pourquoi toi, qui sais si bien te battre, tu ne parles pas de surmonter ce qui vous attend justement ?

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Quand on est adulte on sait qu'il faut surmonter, mais quand on est ado, ça fait peur de franchir les étapes car on subit déjà des changements dans le rythme de vie. On a l'impression que tout passe trop vite d'un seul coup et je crois que c'est cela qui fait peur : l'activité de plus en plus importante sur le plan scolaire, physique, intellectuel etc...

C'est tout ce qui me vient en tête pour le moment avec le thème de l'adolescence que Marie a souhaité nous faire développer.

A.

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Et quand l'amour vient-il, dans tout ce passage, cet entre deux âges ? Pourquoi l'amour de soi naît-il atrophié chez beaucoup, à quoi sert l'adolescence sur ce point ? Ne serait-ce pas parce que beaucoup ignorent que l'adolescence et sa brutalité peuvent réellement les révéler à eux-mêmes, et donc apporter beaucoup sur tous les plans de la construction ?

Marie

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Moi je ne peux pas parler d'amour d'ado car je n'ai connu que la haine et la folie dans ce domaine, j'ai connu une adolescence très violente mais c'est ce qui m'a affirmé et formé à la vie et je crois que c'est là où j'ai appris beaucoup sur moi. C'est là où je vois le plus mes erreurs de « petite conne d'ado que j'étais ».

A.

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Réflexion de L. :

L'adolescence, je la compare au « printemps », tout est au début, tout est fragile, tout est à vif, tout aussi est passionné, et l' ado demande beaucoup de tendresse et en même temps a besoin d' une autorité saine. .

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Oui, mais si tu compares l'adolescence au printemps, tu oublies les innombrables orages dont l'adolescence est faite. C'est de ceux-là qu'il faudrait parler, pour savoir à quoi ils servent, et qui n'appartiennent pas vraiment au printemps, d'une façon générale.

Marie

Après nos réflexions, Marie nous apporte une réponse simple et concise à la question sur la raison d'être de l'adolescence :

L’adolescence est la période dans laquelle nous détruisons sans arrêt pour apprendre à choisir, pour arriver enfin à savoir ce qui nous manque le plus, afin de pouvoir réaliser nos véritables envies. Le passage à l’âge adulte, c’est quand nous savons ce pour quoi nous sommes faits, et l’accomplissons.

Marie.

Table des messanges