Nous ne sommes pas à Noël. Mais j'avais reçu plusieurs messages à ce sujet, je les ai regoupés sur cette page parce qu'ils font réfélchir, quelle que soit la période.

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A propos de Noël.

Vous vous dites « Mon Dieu, que c’est beau, Noël, voir le bonheur des enfants quand ils ouvrent leurs cadeaux, c’est une telle merveille ! » ?

Alors, pour vous, qui avez le cœur si large, ce ne sera pas dur d’imaginer qu’une personne, habitant près de chez vous, soit pauvre et en détresse, ou en passe rapide de le devenir, faute d’argent, faute de compassion, d’écoute humaine, de bons conseils pour reprendre confiance en elle et réussir à entamer une remontée de la pente. Imaginez que vous avez, vous, ces bons conseils, cette écoute, cette compassion, et cet argent. Que cela ne vous manque pas. Même si vous n’êtes pas riche, vous avez l’opportunité d’aider cette personne. Imaginez que vous le faites. Imaginez ensuite la paix, et la joie que vous éprouverez à la vue de cette personne repartant de l’avant, et de cet acte que vous aurez fait.

Maintenant, regardez ce qui est votre vécu réel. Et voyez que malgré tout ce qu’on vous dit, Dieu n’a rien à voir avec Noël, et même, de moins en moins chaque année. Voyez comme c’est un chantage affectif, qui vous est fait par le marketing, le commerce, les marchands du temple, finalement. Il FAUT acheter, sinon, on est un égoïste, un avare, on n’est tout simplement pas normal ! Penser que des gens puissent ne pas fêter Noël est une utopie. Et si ces gens-là existent, et si leur refus se transmet à d’autres, ils portent la responsabilité de ralentir la marché, de faire perdre des emplois, d’arrêter la gigantesque machine. Honte sur eux ! Honte sur ceux qui, certains d’entre vous le sentent confusément, ont raison, dans le fond, mais on ne peut pas faire comme ça. Ca ne se fait pas ! Que penserait-on de moi si je faisais ça ? Oh, et puis, on a toujours fêté Noël, je ne vois pas pourquoi ça s’arrêterait !

Et si vous aviez le choix. Vraiment. Si vous étiez libre ? Réellement libre ? Si vous mettiez côte à côte, devant vous, les deux propositions que je viens de vous faire : cette personne qui a besoin, éminemment besoin de vous pour redevenir ce qu’elle est, et ces gens qui font tous la fête comme il faut, qui achètent ce qu’on leur dit d’acheter, quand on les y oblige, sans que personne s’en rende compte, sinon, ce serait la révolution. Si vous aviez le choix entre l’une ou l’autre chose : aider cette personne en difficulté, voir le résultat, ou dépenser de l’argent pour voir dans les yeux émerveillés de vos enfants qu’ils auront ainsi bien appris à fêter Noël comme il faut, et comme on vous l’a appris. Ce choix, vous l’avez, ici et maintenant. Vous l’avez fait ? Bien ! Demandez-vous, alors, ce qui restera de ce choix, ce qui aura été le plus important. Oui, placez-vous à des années d’ici, dites-vous qu’il est l’heure du bilan sur votre vie, de voir ce qui a été véritablement important, grand de sens. Sera-ce l’émerveillement des enfants devant des objets qu’ils auront utilisé quelques heures, et qui les rendront demandeurs d’autre chose immédiatement après, preuve que votre cadeau ne les aura aucunement comblés, mais leur aura juste enseigné qu’ils peuvent demander des cadeaux et les obtenir ? Ou le ressenti que vous aurez, devant le regard enfin éclairé d’une personne en qui vous aurez initié le premier pas pour sortir de l’ornière ? Qu’est-ce qui aura porté des fruits, au bout du compte ?

Voulez-vous apprendre à vos enfants à ne pas donner ? A ne pas voir l’essentiel, et à lui préférer le jetable ? Quels parents êtes-vous, et qu’enseignez-vous, en définitive ?

Votre âme a-t-elle soif de papier brillant ? Serez-vous le plus beau, et le meilleur, parce que vous aurez répondu à l’appel des magasins ? Ou n’y aurait-il pas, tout simplement, juste du vrai bonheur à en faire naître, et croître et embellir, chez celui qui n’en a plus du tout ?

Dites-moi, mes amours, votre cœur est-il jetable ?

Non ? Alors, respectez-le. Et ne laissez rien ni personne lui dicter ce qu’il doit être au fond. Sinon inévitablement, on vous le salira, on vous l’abîmera, on le pressurisera pour en retirer tout ce qui est bon, à tel point qu’il ne vous appartiendra plus. Et que vous finirez par trouver malencontreusement normal de le trouver un jour dans la vitrine d’une boutique, qui le vendra au rabais.

Marie

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Pourquoi Noël ?

Pourquoi avoir installé Noël, et tout ce qui le caractérise de commercial, à ce moment-là, au 24 décembre ?

Ceux qui veulent faire du profit matériel ont choisi ce moment parce que c’est la période où les jours sont les plus courts, et donc où il y a le moins de lumière. Cela vous donne l’impression d’une peau de chagrin, et vous avez également le sentiment qu’on chemine vers la fin. D’ailleurs, c’est aussi pour cela qu’il existe une fin d’année (une mort d’année/damnée ?), qui est matérialisée par un calendrier officiel, lui aussi mis au point et entériné, peaufiné par les chercheurs de profit. Parce que quand on s’enfonce dans la nuit, quand on se dit qu’on va vers une fin quelle qu’elle soit, on atteint un pic maximum d’angoisse, et donc, il faut compenser cette angoisse. Comment compensez-vous vos angoisses ? Ou plutôt, comment vous a-t-on appris à le faire ? En achetant, en remplissant vos armoires d’objets qui seront très vite inutiles, s’ils ne le sont pas dès l’acquisition (voir la chanson d’Alain Souchon « Foule Sentimentale »).

Le moment où vous avez des angoisses est donc le meilleur pour ceux qui veulent vous voir dépenser au maximum. Et si vous refusez de le faire, on prend vos enfants en otage. Vous, vous pouvez vous en « priver », de cette cérémonie télécommandée, mais vos enfants ? Si vous ne fêtez pas « leur » Noël, alors, vous êtes un parent indigne !

Mais pas du tout ! Vous leur apprenez, au contraire, à ne pas être esclaves, comme vous, d’un système dont il est pourtant facile de sortir. Ce n’est pas l’année prochaine, qu’il faudra le faire, car l’année prochaine, vous remettrez encore cela à la suivante, et ainsi de suite, comme vous l’avez inconsciemment déjà fait. C’est maintenant qu’il faut laisser tomber tout cela. Ce qui ne veut pas dire, laisser tomber Noël et s’acheter des cadeaux pendant les soldes qui suivront. Mais laisser tomber. Car les soldes aussi, c’est un filet des pêcheurs de profit. Et vous tombez dedans. Ils ont pensé à leurs clients pas encore captifs, à vous, qui pouvez être des refusants de Noël. Et ils les attendent au tournant, pour être sûrs que vous dépenserez bien comme il faut, pour faire marcher la machine. L'idée, pour vaincre cette machine, c'est de ne pas faire de cadeau du tout !

Vous n'y perdrez pas grand chose, allez. Il n'y a qu'à voir ce que deviennent les cadeaux juste après Noël. A la poubelle ou revendus parce que non désirés, pour un très grand nombre. Et oubliés dans le mois qui suit, pour la majorité des autres. L'idée, pour ne pas être achetables, mes amours, c'est de ne pas acheter quand on vous le suggère ou qu'on cherche à vous y pousser, directement ou par un moyen détourné.

Alors, me direz-vous, oui mais tous ceux qui vivent de Noël, que vont-ils devenir ?

La vraie question est là ! Qu’allez-vous devenir d’autre, mes amours ? Parce que c’est tout le système de l’argent, et du troc, et des valeurs monnayables qu’il faut faire s’écrouler, et il faut commencer à donner et à prendre à bon escient. Si vous attendez que d’autres le fassent, vous attendrez toujours, et vos enfants, et leurs enfants aussi. Si vous changez votre petite habitude à vous, et si d’autres gens le font (ils sont de plus en plus nombreux à ne plus avoir envie de Noël, mais à le subir quand même), alors, ce sera le début de votre paradis sur terre. Il ne peut venir que par là. Que par vous, dans votre petit coin, dans votre petit cœur qui est immense, et dont l’amour, une fois libéré, peut s’échapper et faire des miracles, et faire faire des miracles à ceux qui en ont besoin.

Vous avez tous besoin de votre miracle.

Marie

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Le père Noël est un gros EBA

Beaucoup d’entre vous passent dans les magasins en ce moment, et ne voient rien à redire à ces séances photos avec le père Noël. Peu, parmi vous, voient que le père Noël est un gros EBA plein de poils. Parce que c’est joli, parce que ça fait rêver les enfants, vous laissez faire quelques chose qui est un point de départ très important à l’une de vos principales gangrènes : la société de consommation.

Etonnant que, sachant que c’est un mensonge, vous le transmettiez à vos tout-petits comme une vérité, alors qu’ils sont si vulnérables, perméables, et en confiance. Comment voulez-vous qu’ils se rebellent à bon escient par la suite contre ceux qui les abusent, si vous cautionnez cela, pire, si vous leur montrez que vous suivez l’exemple de ce mensonge ? Si vous l’entérinez ? Pourquoi suivre les moutons ? Est-ce une bonne éducation ? Une bonne éducation, c’est apprendre à l’enfant à devenir un jour indépendant. Et pour cela, il lui faut un esprit critique. Quel triste exemple, pour lui, de voir que ses parents l’ont berné, et se font aussi berner ! Combien d’entre vous se souviennent de leur déception, lorsqu’ils ont appris la vérité ? De leur impression de ne plus être en sécurité au milieu des adultes ? De ne plus savoir que croire ? Ce n’est pas du tout anodin, cela. Car ce sont les bases, et beaucoup se joue avant cinq ans, chez les enfants. Oh, bien sûr, « on en guérit, ce n’est rien ». En êtes-vous si sûrs ?

Qui dirait à son petit enfant «Va voir, là bas, il y a plein de lumière !», et le laisserait ensuite se retrouver seul dans le noir ? En disant «Je fais cela pour lui. Il est trop mignon».

Qui pourrait apprendre dès le départ à un petit enfant que la lumière, ce sont les néons des supermarchés, alors qu’elle est avant tout spirituelle ? Qui pourrait alors s’étonner ensuite qu’un enfant grandisse, cherche la lumière, et se trompe constamment, souffre de prendre des vessies pour des lanternes ?

Le père Noël n’est-il pas un moyen de vous toucher par le cœur pour obtenir de vous la matière ? Et cela, en passant par vos enfants !

Le père Noël est-il le seul rêve que vous puissiez offrir à vos enfants ? Ne vous étonnent-ils pas en rêvant tout seuls, d’une façon que, d’ailleurs, vous enviez ? Pourquoi diriger leurs rêves dans un sens qui vous échappe, et qui vous mène à souffrir vous-mêmes des manques qui en découlent, qui crée les inégalités, la pauvreté et la trop grande richesse ? Est-ce un enseignement, cela ? Mes amours, je vous le demande, comment en sortir ensuite ?

Vous n’osez pas avouer la vérité à votre enfant ? Ah. Alors, oui, je comprends, je me tais, il y a peut-être des enfants qui me lisent. Et c’est bien connu, il ne faut pas dire la vérité aux enfants. Cela fait trop mal. Attendons plutôt qu’ils soient en âge d’avoir mal. Mais, mes chers tendres, s’il n’y a pas de mensonge, il n’y a pas de mal ! Et il peut rester les rêves. Prenez-en de la graine, des rêves des enfants, voyez comme leur esprit est libre ! Pourquoi les attacher avec des sornettes que vous présentez comme des réalités ? Avez-vous vraiment l’impression que l’enfant saura que cet amour vient de vous, s’il vient d’un père Noël qui n’existe même pas ? Qui est-il, cet étranger, quelles sont ses motivations ? Aimer, c’est donc seulement offrir un cadeau ? Alors, pourquoi papa et maman ne peuvent-ils pas le faire ? Ils n’en ont pas les moyens, les pauvres ? Pourquoi un bonhomme de neige serait-il celui qui a le privilège de donner ?

Devant ce piètre exemple d’amour factice, quand l’enfant grandira, où ira-t-il chercher son amour ? En s’achetant des choses, pour compenser ses manques affectifs, n’est-ce pas ? Cela ne vous rappelle rien ?

Et il s’apercevra qu’il n’a toujours rien, finalement, il verra bien que le trou subsiste, impuissant à le remplir, et il se dira qu’il est bon de laisser faire cet abominable homme des neiges, lorsqu’à son tour, il aura des enfants. Comment même pourra-t-il se rendre compte qu’il a de l’amour vrai en lui ?

Ahhh, les rêves des enfants… Que c’est beau ! Faites des rêves originaux, à vous deux. Racontez-lui de belles histoires, vous verrez que si vous vous faites confiance, vos histoires viendront toutes seules, car vous créerez à deux, sans vous en rendre compte, vous serez en osmose.

Le père Noël est un gros EBA, habillé en rouge, et pourtant, vous ne le voyez même pas ! Car si le père Noël est un bien pauvre rêve, l’EBA, lui existe réellement !

Marie

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Le secret du père Noël

Vous comprenez ce que vous dit Marie, mais vous n'osez pas, vous ne savez pas comment faire pour ne pas décevoir votre petit enfant ? Vous pensez qu'il est trop tard pour lui annoncer la vérité, et qu'il aurait l'air idiot, au milieu des autres enfants ? Dites-lui la vérité, mais celle à laquelle vous n'avez pas pensé : parlez-lui d'amour ! Les enfants comprennent tous cela, encore plus facilement que les adultes.

Dites-lui, « Tu vois, nous t'aimons plus que le père Noël.

Alors, à partir de maintenant, c'est nous qui te ferons des cadeaux. »

Quand il aura assimilé cela, vous pourrez lui dire encore :

«Comme on t'aime beaucoup, beaucoup, on va te dire un secret rien que pour toi. Tu sais, le père Noël, eh, bien, nous, Maman et Papa, on n'est même pas sûrs qu'il existe ! Si ça se trouve, les gens croient que c'est vrai, mais chaque fois qu'on le voit à la télé, ou dans les magasins, ce n'est jamais le même. Regarde bien la prochaine fois. Il change de visage ! Ne le répète à personne pour le moment, il y a beaucoup d’autres enfants qui n'ont pas vu ça, ils ne comprendraient pas. Mais dis-toi que toi, tu as un vrai secret, et si on se moque de toi à cause de ça, dis-leur que ton secret, c'est un cadeau que ta maman et ton papa t'ont donné parce qu'ils t'aiment plus que le Père Noël. »

Jésus

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De tous temps, l’homme a vénéré des dieux. Sans même savoir s’ils existaient, puisqu’ils n’en avaient pas plus de preuves avant que maintenant, ils y croyaient. Aujourd’hui, regardez quels sont vos dieux ? Celui dont on parle le plus, à une certaine période de l’année, c’est le père Noël. Oui, le père Noël est adulé comme un dieu. Il est attendu comme le messie, apportant le bonheur à ses fidèles, et ne promet aucun enfer. Il descend par la cheminée, avec ses cadeaux qu’il met dans des chaussettes, et... Pardon ? Vous n’y croyez pas ? Oh, excusez-moi, j’étais partie sur une envolée... Pourtant, ne lui sacrifiez-vous pas une grosse partie de votre salaire ? Vous ne croyez pas à l’argent, peut-être ? Ce n’est pas une chose réaliste ? Si ? Bon, nous sommes d’accord sur quelque chose, au moins ! Oui, l’argent est une chose sérieuse, sur laquelle est bâtie votre façon de vivre. Alors, qu’est-ce qui fait que, l’argent étant si important pour vous, vous en consacriez autant à quelque chose en quoi vous ne croyez pas ? Pour faire marcher le commerce ? Ah, ouiii, pour les emplois, les métiers que cela engendre ! Suis-je bête. Le sacro-saint travail !

Mais, j’ai encore une question : pourquoi, vous qui êtes si nombreux à ne pas aimer le vôtre, vous qui y allez en métro-boulot-dodo, et qui ne voyez en lui qu’une source de revenus et de conflits, de stress, qu’un lieu où on vous rabaisse, tenez-vous tant à le garder, ce travail, tel qu’il est ? Pourquoi garder ces métiers qui ne servent qu’à alimenter la roue de la fortune de Noël et les autres ? A fabriquer ces objets, qu’on ne voit qu’à ces périodes, qui sont étalés dans les galeries marchandes des grands magasins, par exemple, et qui sont laids, tout à fait inutiles, et qu’on ne regarde jamais une fois qu’on les a posés dans sa maison ? Pourquoi se battre pour garder un travail, quand ce travail n’est pas fait pour vous ? Ni pour personne, d’ailleurs ? Ne serait-il pas plus judicieux de faire ce pour quoi vous êtes fait(s), et qui vous assurerait la joie de tous les jours ? Comment ? Parce qu’il faut bien ? Ah, oui, en effet... Donc, on va dépenser ses sous, à Noël, parce qu’ « il faut bien » ? Excusez-moi, vous savez, je suis un peu extraterrestre, moi qui vis au ciel, et en qui vous ne croyez pas, parce que vous n’y êtes pas obligé pour des choses sérieuses et importantes comme garder votre travail, et donc, je ne comprends pas toujours tout. Mais je vais essayer, là, maintenant.

Ce « Il faut bien »... Quelle corvée, dites-moi !... Non ? Ce n’est pas une corvée ? Alors là, je ne saisis pas, racontez-moi ça... Parce qu’il y a les cadeaux !? Ahhh ! Oui, très bien, les cadeaux. Ces choses qui seront usées en deux ans, deux mois, deux semaines, quand ce ne sera pas en deux minutes !

Ces rasoirs, ces briquets, ces flacons de parfum, ces habits... Toutes ces choses qui vous servent à paraître. A garder, en plus de votre travail, un joli masque. Ces jeux électroniques qui vous enferment dans une bulle, et qui vous évitent de voir comme la vie est dure, parce qu’il faut travailler pour vivre, et parce que la société se déshumanise complètement. Oui, vous avez raison, je vous comprends, au lieu de vous humaniser, laissez les autres le faire, laissez les autres décider pour vous de ce que vous devez faire, laissez-les vous dire qu’il est bon de faire marcher le commerce, de fêter Noël comme de braves petits agneaux consommants et consommables, et soyez fiers avec tout le monde des bilans d’achats qui sont donnés ensuite, et qui vous prouvent que vous êtes riches. Enfin, que vous l’avez été, avant de dépenser tout cela. Et qu’il faudra faire bien attention à être riche pour les prochaines dépenses obligatoires que le marketing invente encore et encore. Quitte à emprunter ! Quitte à demander une richesse d’avance, pour mettre sa pauvreté sous le tapis.

Oui, oui, vous avez raison, vive le père Noël ! Et surtout, ne regardons pas, dans les cœurs, les cadeaux qu’on pourrait y trouver. Ne cherchons pas à nous réveiller. Parlons croissance, parlons chiffres... Ah, vous ne croyez pas non plus à la croissance ? Moi non plus, le monde est une peau de chagrin, ma pauvre dame, allons, allons. Mais parlons d’autre chose, parlons bénéfices nets, parlons augmentations, pour acheter encore plus de cadeaux et faire marcher la machine, mettons-la à fond, cette machine, quitte à faire exploser la chaudière, ouaiiis ! Allons-y, foutons le feu au monde ! Parce qu’ « il faut bien », comme d’autres vous diront qu’il « faut bien » des guerres, des famines et des maladies, pour ne pas surpeupler la terre. Ils sont tout à fait logiques, ils ont bien raison, sauf, bien sûr, si ce sont eux qui devaient mourir. Pardon ? J’ai dit « foutons » ? Ah, Marie n’a pas le droit de le dire ? Et pourquoi ? Vous le dites bien, vous, pourtant. Tout le temps. Si je veux être à la page, vous comprendre, ne faut-il pas que je fasse comme vous ? Que j’utilise vos vocables ? Il « faut bien », non ? Ou alors, je suis encore perdue.

Le vrai gros mot, est-ce « foutons », ou est-ce « père Noël » ? Dans mon monde, en tous cas, c’est bien le second, qui est un terrible gros mot !

Il « faut bien » un père Noël, avec sa jolie petite musique, vous savez, jingle bells, jingle bells, tra la la la la... C’est très entraînant. Mais je suis surprise de voir que la religion du père Noël est la seule, à ma connaissance, qui soit aussi limitée et répétitive, musicalement. Même dans les rituels les plus lassants, je n’en ai pas vu d’aussi gnangnan. Mais si les magasins, les radios, les télés passent cette musiquette non-stop en décembre, alors que vous la chantez à peine, ça doit être parce qu’ « il faut bien ». Non ?

Continuez. Le père Noël vous exaucera. Continuez à dire que vous y croyez alors que vous savez qu’il n’existe pas. Mais ce qui m’étonne, tout de même, c'est que... Oui, mais là, je ne vous mettrai pas dans l’embarras de vous demander de répondre à cette longue question qui vient, à laquelle vous seriez, je crois, bien en peine de donner une clé sans beaucoup de réflexion. Si ?

Si, d’une part, alors que depuis la préhistoire, les gens qui voulaient un Dieu y croyaient, mais ne pouvaient le savoir, vous savez, vous, que votre dieu père Noël n’existe pas, et si vous faites tout de même ce qu’il vous dit de faire, si, d’autre part, vous aimez vos enfants et vous détestez le mensonge, ceux qu’on vous fait comme ceux qu’on vous pousse à faire, comment se fait-il que finalement, vous leur fassiez croire, à vos enfants tant aimés, à ce qui n’existe pas ? Que vous les fassiez prendre en photo avec ce dieu-là ? Que vous leur inculquiez les caprices qui vous énervent tellement, et pour lesquels vous leur donner parfois de sévères corrections ?

Comment ne vous étonneriez-vous pas, ensuite, qu’ils en arrivent, une fois adultes, à croire comme vous en les manipulations de la politique, au marketing, en tout ce qui vous cause tant de misères, comment ne voulez-vous pas qu’ils en arrivent, eux aussi, à dire, en baissant la tête, « Il faut bien » ? Comment pouvez-vous faire cela à vos enfants ?

Et comment pouvez-vous tolérer cela pour vous-mêmes ?

Un peu de dignité, mes amours. Mettons le père Noël, et tout ce qui lui ressemble, là où finissent si vite ses jouets et ses cadeaux. Une bonne foi (sans S) pour toutes.

Marie

Table des messanges