Aider avec le J’aime

12 février 2018

Imane : Tu sais que mon J'aime commence à prendre des petites initiatives qui font que je ne suis pas prête.

Voici l'histoire : j'ai vu Margaux hier soir (une fille au pair qui est venue sur Galway pour travailler trouver du travail, elle fait partie de mes copines au pair. Son contrat est fini)

Mon J'aime a dû ressentir une certaine solitude en elle, ou il veut m'aider à être plus chaleureuse. Donc mon J'aime lui a proposé de venir manger une quiche à la maison... Sauf que la quiche ne va pas se faire toute seule...

Et comme je suis crevée, mon conscient a décidé de le reporter dans la semaine. Mais je pensais que mon J'aime offrirait aux autres de quoi avancer. Une phrase pour qu'ils se questionnent. Pas qu'il me ferait passer pour une personne qui tien pas sa parole.

Surtout que quand je propose aux personnes de manger à la maison, ça prend du temps... À mon conscient.

Toi aussi, quand ton J'aime a commencé à prendre le dessus c'était sur des choses pas anodine mais que mon conscient considère comme anodine ?

C'est la deuxième fois qu'il me le fait alors que dans mon conscient je me dis que je veux être seule et tranquille..

Merci

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Ma chère Imane

Ton conscient est un outil.

Ton j'aime l'utilise.

Mais ton conscient est conditionné par ton corps, par la vie avec les autres et tous les codes et conformismes que ça implique.

Si un eba voit que tu veux laisser passer ton J'aime avant tout, il va tout faire pour t'en empêcher, et aussi appeler ses petits copains. et il vont faire tout ce qu'ils peuvent pour que cet outil devienne lourd, ils amplifient la fatigue, (pour ça, ils te poussent à faire des choses que tu n'as pas prévues et qui puisent un maximum de tes forces) et l'asseyent sur des états d'esprit (de conscient, donc) comme le doute et le sentiment de culpabilité.

Ton J'aime n'est pas limité en lui. Mais il est limité dans ses actes finaux par l'outil qu'est le conscient, lequel utilise l'outil qu'est le corps.

Il est normal que ce soit fatigant. Et il ne faut pas culpabiliser.

Et aussi, il faut que tu comprennes que le salut des personnes que tu veux aider ne dépend pas de toi. Mais de ces personnes elles-mêmes. Et quelquefois, c'est ton J'aime qui laisse tomber, et non pas un EBA qui pousse à ça. Parce que le J'aime voudrait que la personne en face comprenne qu'elle doit agir. Et que, si tu lui as parlé d'un moment plaisant en commun, c'est aussi à elle de le construire, de le rendre possible, donc, pourquoi pas, de le réaliser.

Il faut aussi que tu relises le messange "aider un dépressif". Parce que ce n'est pas en voulant l'aider, en faisant les choses pour elle, que tu lui donneras la force de l’accomplir par elle-même. Tu peux plutôt suggérer les choses. Dire, par exemple : "Si tu veux qu'on en parle, je suis là". Pas forcément apporter aussi le repas, les petits fours, le vin, les calmants, les massages, l'argent, en plus des conseils.

La plus grande richesse que tu puisses donner est celle qui sera efficace. Le goût du repas sera vite passé pour elle. Mais les mots donnés, les conseils lumineux, ou simplement un accompagnement souriant, rassurant, sont appelés à durer et sont bien plus que le reste, parce qu'ils donnent un exemple, et, potentiellement, l'envie à cette personne de se relever. Et d'avancer.

Si c'est toi qui fais tout pour la relever, encore une fois, qu'aura-t-elle fait par elle-même ? Et si tu n'es plus là pour la porter à nouveau, comment saura-t-elle qu'elle peut se relever toute seule ?

Tu es un exemple vivant de quelqu'un qui aurait pu tomber, qu'on a mise à genoux, et qui s'est relevée toute seule. C’est à ton amie d'aller en toi chercher cet exemple, pour se dynamiser. Ce n'est pas à toi de tout faire pour lui inculquer ce courage que tu as eu, et qui, si tu le fais, ne sera en elle que le tien prolongé. Et qui partira quand tu ne seras plus avec elle.

Alors, moi, je crois que c'est plutôt le deuxième cas que tu vis, dans ceux que j'ai présentés, c'est à dire que je pense que c'est ton J'aime qui ne veut pas tout faire à la place de cette personne. Parce que ce que ne serait pas efficace, et que si tu le fais quand même, il faudra recommencer encore et encore, avec de plus en plus de personnes, avec de moins en moins de réussite et de force physique et morale. Et je crois que l'EBA (car il y en a quand même un qui passe, tu sais, toujours, dès qu'on a envie de faire quelque chose de bien), il est dans cette culpabilisation que tu décris. Que tu vas, s'il te plait, mettre à la poubelle car elle n'a pas lieu d'être.

Marie

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Imane : Bon, il est vrai que je comprends mon J'aime qu'après coup. J'avais pas vu que le repas était dans le but de parler de ce qui pouvait la tracasser. Et de l'aider à trouver une certaine confiance en elle. Elle en a très peu.

Après oui, il y a aussi un EBA qui joue car je dois accepter et comprendre que ce n'est pas moi qui offre mal mon exemple mais que ce sont les gens qui n'arrivent pas à l'accepter et qui font leurs propres anti-miracle.

Mais oui, je dois comprendre qu'il n'y a rien de mal par rapport à moi si les J'aime ne veulent pas prendre leur chance (c'est pas parce que j'ai mal choisi mes mots, que je ne suis pas assez.. Je sais pas). Leur J'aime est assez fort pour y arriver.

Pour ma copine, elle m'a proposé de cuisiner ensemble et ma redemander si on le faisait ? Le repas quiche. Alors elle cherche à avancer aussi non ?

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Un repas, c'est une communion, dans le sens de quelque chose qu'on fait en commun. Alors, forcément, ça avait un sens.

Et oui, tu peux l'aider a prendre confiance. Mais pas en lui donnant tout, il faut qu'elle acquière le principal elle-même.

Et oui, un cielapeute donne des clés. Les gens les prennent ou pas. Un cielapeute n'a pas à s'en vouloir si la personne ne la prend pas.

Voila, ta copine a fait ce qu'il fallait, elle vient chercher en toi ce qu'il faut qu'elle trouve. Elle va donc avoir trouvé par elle-même !

Marie

Table des messanges